Guide de survie en milieu hostile (tome 1)

Le milieu hostile, c’est la vie en général, avec tous les petits poisons quotidiens, encore plus quand on est parent seul, solo, alone, avec des enfants plus ou moins nombreux et plus ou moins grands. J’ai de la chance j’en ai que deux et elles sont pas (trop) petites. En revanche, elles ont un putain de caractère (probablement les gênes paternels).

Le guide de survie c’est un work in progress avec les bonnes idées comme elles me viennent pour ne pas péter un câble dans cette jungle hostile qu’est ma vie de mère célibataire, travailleuse parisienne habitant en banlieue [coucou RER B ! si tu m’entends, je rêve toujours du jours où tu arrêteras de me compliquer la vie en m’imposant des marges de malade pour aller chercher mes enfants et des pics de stress quand j’ai une réunion matinale], cadre avec un salaire d’employée [celui qui me propose un job où c’est l’inverse, je l’épouse – si c’est une femme, je la bénis sur 7 générations], jeune divorcée avec un ex relou [parce que c’est plus drôle, ah ah ah, on se marre tous les jours avec mon ex, il est plein d’idées].

Passons aux choses sérieuses.

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De toi, beaucoup de soin tu prendras. En effet, comment supporter tous les poisons quotidiens et ne pas passer tes enfants par la fenêtre si tu as faim, tu es fatiguée, tu es grosse et moche et pas épilée ? (Et que tu regardes TF1.) (Et que tu as pas vu ta meilleure pote depuis 3 semaines.) Donc ma devise c’est « une mère qui va bien, ses enfants vont bien ». Ce qui m’aide à leur apprendre, à mes enfants, que maman elle aussi a des besoins voire, soyons fous, des envies.

Des priorités tu établiras. Par exemple, ce week-end, je devrais faire le ménage parce que c’est vraiment dégueu chez moi. Sauf que je suis crevée et que j’ai juste envie de buller et d’aller faire la fête avec ma copine qui n’a pas non plus ses enfants, ça tombe bien. Qu’est-ce qui est plus important ? Je dirais : ça dépend. De chacun, de son degré de tolérance à la saleté et au désordre, de la force du besoin de sortir, etc. Le tout c’est de bien peser le pour et le contre et de ne pas s’imposer un truc par principe, juste parce qu’il faut le faire, alors que c’est pas si grave de le zapper et que c’est d’autre chose qu’on avait besoin.

Une bonne organisation tu auras. Oui, des fois ça fait un peu militaire. Préparer les habits le soir pour le lendemain, faire la bouffe le dimanche pour le début de la semaine, anticiper, anticiper, anticiper. Parce que finalement, courir après le temps, rattraper le retard, chercher des trucs partout parce qu’on a la flemme de ranger, c’est beaucoup de temps perdu, de stress inutile et de mécontentement de soi. Or personne n’a besoin d’être mécontent de soi. Je le sais. Donc tout ce qui peut faciliter mon organisation, je prends. Les listes, les plannings, un rangement efficace, un petit coup de boost au moment où j’ai la flemme parce que si je reporte au lendemain je ne vais pas m’en sortir.

L’aide des autres tu accepteras. Ca j’avoue, j’ai eu du mal. Je n’aime pas demander service, je me sens redevable, j’ai l’impression d’avoir échoué à me débrouiller toute seule. Il faut pourtant avouer que toute seule 24/24 avec des enfants (sauf un week-end sur deux), c’est difficile. J’ai de la chance, j’ai des parents en or et qui habitent tout près. Souvent même, ils proposent leur aide avant même que je demande. J’ai appris aussi à demander aux autres parents de l’école quand j’avais vraiment besoin. La clé c’est de ne pas abuser – et d’avoir un panel suffisamment large pour pouvoir tourner. On peut dire que depuis 1 an et demi que je suis seule, j’ai dû utiliser ce joker 3 fois grand maximum. J’ai remarqué que j’accepte mieux qu’on m’aide quand je peux aider en retour. Pour ça il faut être un peu à l’écoute des besoins des autres. Et puis les gens sont pas des chiens, enfin pas tous, quand ils savent que tu es seul(e), ils sont souvent disposés à aider. Ils galèrent en couple alors ils imaginent l’enfer pour un parent seul (alors que c’est faux, mais c’est un autre sujet).

Un bon réseau tu te créeras. Pas de secret, c’est ce que font probablement tous les parents. Sauf que quand on est seul(e) c’est encore plus précieux. Ca permet de faire des échanges pour les trajets des activités, voire d’être au courant des bons plans d’activités, plutôt que d’envoyer son enfant faire du solfège chez Gisèle, qui est une vieille vache aigrie.

Un autre jour je parlerai des mes astuces trop futées pour dresser les enfants sauvages. Par exemple le matin quand la cloche de l’école sonne dans 10 minutes et que personne n’est habillé.