Aide-toi, la CAF t’aidera

Dans ma grande naïveté, j’ai cru que lorsque je quitterai le père de mes enfants, j’aurais plein d’aides. Par exemple de la CAF. Par exemple une allocation supplémentaire ou une révision de mon allocation de base parce que tout d’un coup je me retrouvais avec un seul salaire au lieu de deux mais toujours deux enfants à nourrir, vêtir, occuper, transporter, égayer, etc.

Et ben macache.

Je gagne trop (ah ah ah !).

Certes, je suis consciente que certaines personnes gagnent moins d’argent que moi et j’espère, mais je suis d’une naïveté crasse, que ces personnes-là, mères ou pères, touchent une aide pour leurs enfants. C’est loin d’être gagné.

J’ai cru plein d’autres choses et d’ailleurs, comme je n’avais pas une très grande expérience dans le divorce, je suis souvent tombée de haut.

Bref, si on fait le bilan économique de l’opération « j’ai quitté mon mari et j’ai la garde des enfants » :

– salaire : 1 seul (petit)

– enfants : 2

– aide de la CAF : 0

– pension alimentaire : oui, mais pas tout de suite*

impôts : réduits, mais pas tout de suite**

– quotient familial : divisé par 2 (là on est dans une sorte de logique)***

– dépenses mensuelles de bouffe : divisées par 2 (le père des enfants mangeait beaucoup)

– dépenses mensuelles d’électricité, gaz, eau : quasi identiques

– loyer : démesuré (aide au logement : 0)****

* Pour toucher une pension alimentaire, il faut être passé devant un juge aux affaires familiales, qui décide qui a la garde, qui paie quoi, combien, qui habite où, etc. Avant, on touche rien, sauf si on a un ex-conjoint très sympa. Hélas je crois que c’est pas souvent le cas, ou alors les gens sympa perdent leur sympatitude au moment de la séparation, ce qui peut se comprendre aussi. Après on touche la pension en théorie. Par exemple moi je l’ai pas touchée pendant 5 mois parce que le père des enfants trouvait que c’était trop abusé, il voyait pas comment il allait faire pour payer cette somme démesurée chaque mois. Je précise que c’était la somme qu’il avait lui-même proposée devant le juge. Finalement il s’avère qu’il peut (ce qui lui permet de dire aux enfants que « maman prend tout l’argent de papa »). Un petit rappel de la part des avocats a suffit mais quand c’est pas le cas, c’est coton. C’est là (et je crois dans cet unique cas) que la CAF peut verser une petite aide.

** Apparemment les impôts tiennent compte de la séparation « officielle », soit la date de la première audience devant le juge. Pas besoin donc d’attendre le vrai divorce. C’est heureux quand on sait que ça peut durer 6 ans, voire plus. Et que certains sont même pas mariés (et vivaient dans le péché, les sales). Ca vaut pour les impôts sur le revenu mais aussi, il me semble, pour les impôts locaux (taxe d’habitation, impôts fonciers si on est propriétaire). Hélas, pour nous, l’audience devant le juge, initialement prévue en novembre, a été reportée au tout début du mois de janvier. Passe ton tour pour cette année.

*** Alors ça, c’était la bonne surprise. À peine sortie du tribunal (j’exagère très légèrement, mon niveau de peps à cette période n’était pas si haut), je filai à la mairie avec le papier ad hoc pour demander un recalcul de mon quotient familial. Effet immédiat, quotient divisé par deux pour les factures de cantoche, périscolaire et études.

**** Malgré de nombreuses et répétées simulations sur le site de la CAF au cas où un vilain bug m’aurait trompée, je n’ai jamais droit à l’aide au logement. Je gagne trop (ah ah ah). Conséquemment, le remboursement du prêt immobilier contracté à deux, je le rembourse seule (= je me saigne chaque mois puisque cela représente plus des 3/5e de mes revenus). Autant dire que ça pourra pas durer très longtemps.

Une autre fois, je raconterai toutes les bonnes surprises que réserve le divorce quand on n’y connait rien.

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