La pension alimentaire pour les nouilles

Comme je l’ai déjà dit, c’est mon premier divorce. Je manque donc cruellement d’expérience pour ces choses de la vie qui consistent à passer devant le JAF, comprendre le fonctionnement tordu subtil de la justice et expliquer aux enfants pourquoi je prends tout l’argent de leur père. (Le pauvre, il est obligé de m’en reprendre à l’insu de mon plein gré pour payer le buraliste et se racheter un smartphone, c’est dire s’il a la pression.)

Il n’empêche que j’ai vu assez vite que mon avocate, dont c’était aussi le premier divorce, avait un peu fumé quand elle m’a montré « notre proposition » pour l’audience devant le juge. En gros, on va demander du rhum, de l’or, et des femmes, et on aura la belle vie sous les cocotiers. 

En fait j’ai tout relu et je me suis dit, de deux choses l’une. Soit c’est comme au boulot, on demande une grosse augment pour espérer avoir 50€ bruts. Soit ça n’a rien à voir et je vais avoir l’air d’une de croqueuse de diamants. (C’est une métaphore, à la limite j’aurais pu croquer la machine à laver et la télé neuve, et encore. Il n’empêche, ce n’est pas un air que j’ai envie d’avoir.)

femme riche
Au prochain divorce, je demande la garde du yacht.
Ensuite, j’ai réfléchi et j’ai compté. J’ai dit à l’avocate : je sais que je ne suis pas censée défendre mon ex-mari mais là, si on lui demande de payer la moitié de la maison (dans laquelle il n’habitera plus) + une pension alimentaire + les frais de justice, partant du principe qu’il devra aussi payer un loyer pour se loger et que son salaire va rester le même, on le clochardise en deux semaines. Bref, c’était tellement too much que j’ai dû me faire l’avocat du diable. (Même que ça m’a fait un peu mal au c…)  Elle m’a pas trop écoutée. J’ai insisté. J’ai dit que ça m’embêtait que mes filles aient un clochard pour père. Que j’étais peut-être un peu stupide avec mes scrupules de débutante en divorce juteux mais que ça heurtait mon sens de la justice. Qu’en fait ce que je voulais, c’était pas le dépouiller mais juste le quitter. Elle a fini par baisser les montants. Pas autant que je lui avais demandé mais ça me semblait plus raisonnable (et j’étais encore influencée par la stratégie de l’augmentation : demande 200 pour avoir 50).

Au final la juge a tranché pour le montant proposé par mon ex-mari, qui me semblait tout à fait honnête vu ses revenus. J’ai appris ensuite avec ma 2e avocate (je fais une collection, c’est un peu coûteux mais ça a de la gueule), qu’il existait une grille officielle en fonction du salaire, du mode de garde, du nombre d’enfants, etc. C’est quand même rassurant de savoir qu’on peut pas faire n’importe quoi. Enfin pas tout le temps.

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Tu seras un homme ma fille

Un jour que j’étais avec mes enfants au rayon jouets de la Grande Surface Régionale (que ceux qui n’ont jamais merdé me jettent la première pierre, et d’abord j’avais probablement une très bonne raison d’être là avec les enfants, sinon je n’aurais jamais commis cet acte inconsidéré), un jour donc, au rayon jouets, ma fille de 4 ans environ regardait les toupies Bey Blade.

Sur ce, passe une cliente à qui on n’avait rien demandé et qui lui dit : « Mais ma petite fille, ça c’est les jouets de garçon. » 

Ma fille l’a regardée et a juste dit : « Tête de pioche. »

Je crois que j’ai rarement été aussi fière d’elle.

Fille-rose ou garçon-bleu ? Choisis ton camp, bébé !
Fille-rose ou garçon-bleu ? Choisis ton camp, bébé !

(Néanmoins je suis restée au loin pour ne pas avoir à me justifier auprès de cette dame un peu conne. (Selon la devise : « Je parle pas aux cons, ça les instruit. »))

Dans quelle galère…

Mais qu’est-ce qui m’a pris :

  1. de dire à ma fille que j’allais lui faire une pinata moi-même pour son anniversaire,
  2. de prendre le carton le plus épais du monde pour faire cette putain de pinata.

Bon ok, j’ai été influencée par ce petit ebook vraiment chouette :

Happy pinata, en vente chez Little Numerics, c’est pas cher mon ami, c’est presque cadeau. [Clique sur l’image pour y aller. (Je gagne rien hein, l’affiliation ne passera pas par moi.)]

Mais voilà, fabriquer des pinata le soir après le boulot ET le dressage d’enfants sauvages, c’est fatiguant.

Pourquoi tu cours, Forrest ?

C’est vrai ça. Pourquoi je cours ?

forrest gump

  • Parce que si je ne cours pas, mes cuisses poussent (en largeur, évidemment).
  • Parce que si je ne cours pas, mes soucis poussent dans ma tête (dans quel sens, je ne sais pas).
  • Parce que pour garder une patience d’ange avec mes enfants, il faut que je purge tout ce stress et cette pression de temps en temps. (Boulot, ex-mari, transports et incidents bancaires se chargent de maintenir un niveau honnête malgré les vidanges hebdomadaires.)
  • Parce que quand je me suis forcée à aller courir dans le vent, le froid et la pluie et malgré une flemme aiguë, j’ai l’impression d’être un warrior et que ça me fait du bien au moral.
  • Parce que le sport fait sécréter je ne sais plus quelle hormone du bien-être et c’est vrai. Zénitude et état planant garantis pour moi après à peine une demi-heure de course.
  • Parce qu’il suffit d’une paire de chaussures de running et c’est parti. Pas d’horaires, le dehors est ouvert jour et nuit, été comme hiver, faut juste d’être équipé en conséquence (double polaire quand il fait froid, coupe-vent et casquette quand il pleut). 
  • Parce que même avec la crève ou la gueule de bois, je suis capable de courir si la volonté est la. C’est la qu’on voit tout ce qu’on pourrait faire si on n’était pas des chochottes.
  • Parce qu’en toute saison, ça me fait un prétexte pour passer un peu de temps dehors et m’aérer, même si il fait un temps de cul, et s’aérer ça fait du bien. 
  • Parce que j’ai une playlist à rallonge qui m’accompagne et que personne m’emmerde pendant cette petite période de temps où je suis seule avec moi même.
  • Parce que j’ai toujours cet espoir secret d’avoir un cul de bombasse sur la plage à force d’efforts sportifs. (Ce qui compte, c’est l’idée qu’on s’en fait.)

Précision. Avant je faisais partie de ceux qui disaient : la course jamais, je déteste ça et qu’est-ce que c’est chiant.

Ça fait deux ans que j’ai commencé à courir presque toutes les semaines, parfois plus. Je crois pas que je pourrais m’en passer.

Don’t feed the troll

Je sais que ce que je vais dire n’est pas très chrétien, mais mon ex-mari est un peu comme un troll.

Je m’explique.

Conséquemment à notre séparation, nos relations sont désormais assez distendues. Nous sommes bien obligés de communiquer encore un peu pour nous fritter sur ce qui concerne les enfants ou la maison, mais le reste du temps on a la possibilité de rester des jours sans se parler, se texter, se téléphoner ni se mailer. Ce qui me convient très bien.

Je crains que ça ne soit pas la même chose de son côté. Il lui arrive parfois d’avoir une sorte de crise SMSesque et il m’inonde alors de textos rageurs et accusateurs, de questions qu’il m’a déjà posées mille fois et d’injonctions diverses, parfois contradictoires.

Au début je répondais. Je me disais que je ne pouvais quand même pas le laisser dire n’importe quelle connerie sans réagir, qu’il allait croire qu’il avait raison – et ça m’était insupportable, pour une raison que je n’ai toujours pas élucidée, parce qu’après tout, qu’il croie ce qu’il veut, je m’en bats les noix, du moment qu’il me fout la paix.

C’est ainsi que nous avons continué nos disputes conjugales par SMS et que je me suis rendu compte qu’on ne faisait que prolonger le conflit alors que, nom d’un petit bonhomme, c’était pas entre autres pour ça que j’avais claqué la porte ? Après une longue série de ces épisodes désastreux dont je ressortais sur-énervée et assez mécontente de m’être laissé embarquer une fois de plus dans une discussion stérile et toxique, j’ai compris que, tel un vulgaire troll de commentaires sur Rue89, mon ex-mari se nourrissait de ces échanges. Tout plutôt que le silence et l’indifférence.

Oggy
Don’t feed the cafards.

J’ai désormais décidé avec beaucoup de fermeté de ne plus répondre sauf question vraiment utile, comme : est-ce que les enfants ont dentiste jeudi soir ? Je suis tellement résolue que je ne tombe même plus dans le piège grossier : évidemment, on ne peut pas discuter avec toi.

En effet. Je ne discute pas avec les trolls. (Et si je paie au prix de l’or les services d’une avocate c’est aussi un peu pour ça.)

Je kiffe Petit Lapin

Oui, je kiffe Petit Lapin depuis la première fois où j’ai ouvert le livre Petit Lapin va à l’école.

Déjà, Petit Lapin porte une sorte de pyjama intégral qui lui couvre les oreilles et qui hésite entre le ridicule et la mignonitude absolue. Quand il s’habille, il garde son combijama et on sait que sous son petit manteau rouge, il reste la mignonitude incarnée.

Ensuite, il a un doudou qui s’appelle Billy Cheval et qui, comme son nom l’indique, est un petit cheval en bois à roulettes. Billy Cheval fait plein de conneries partout où il va avec Petit Lapin, en l’occurrence à l’école, mais qui se fait engueuler ? C’est Petit Lapin. Tous les innocents du monde injustement accusés se reconnaîtront dans Petit Lapin et tomberont en amour pour lui et son pyjama. (Ses chaussures sont pas mal non plus.) D’où probablement l’adhésion enfantine.

Petit Lapin mange
Sur le chemin de l’école, Petit Lapin bouffe tout son repas de midi, mais c’est pour rendre service à Billy Cheval.

Après avoir fait un max de conneries à l’école, Billy Cheval déconcentre Petit Lapin pendant la balade dans les bois avec sa classe, ce qui fait que ce con de lapereau se perd tout seul en milieu hostile. Heureusement ça finit bien.

Il existe à ma connaissance au moins un autre titre avec Petit Lapin, dans lequel il découvre que les bébés c’est relou et qu’être un grand-frère c’est très surfait. Je le trouve moins réussi que celui de l’école mais il reste quand même très sympa.

Bref, Petit Lapin, c’est un super bouquin à lire à ses enfants, mais j’oblige personne.

Petit Lapin va à l'école