Qui va tuer les araignées ?

Le problème d’être mère célibataire, c’est qu’il faut tout faire soi-même. Par exemple, en plus de travailler et de s’occuper des enfants, il faut faire la bouffe, les courses, le ménage, la lessive, l’entretien du jardin, les fucking paperasses…

Ah non ça je le faisais déjà.

Là où ça se corse parfois, c’est quand une urgence se produit et qu’il faut à la fois être au four et au moulin. Prenons un exemple concret. Il est 21h, les enfants sont couchés, et voilà que le stupide chat se ramène avec une brindille plantée dans l’œil. Un truc long et fin et rigide qui dépasse comme un pic de sa petite tête.

Horreur.

1) Ne pas tomber dans les pommes. Or j’ai du mal avec les trucs gore, les plaies ouvertes qui saignent, et a fortiori les yeux crevés. Mais si je perds connaissance, qui va décrever l’œil du chat ? Qui va veiller sur le sommeil des enfants ? Qui va sauver le monde ?

2) Réfléchir. Comment emmener le chat chez le véto sans laisser les enfants seuls ?

C’est la qu’on se dit ma pauvre, fallait y penser avant de quitter ton mari, tu serais moins dans la panade. Sauf qu’en fait, il était assez souvent au boulot, week-ends, soirées et jours fériés compris, ce qui fait que j’ai un bon entraînement.

Je sais gérer un déménagement seule, sous angine carabinée-sa-mère-la-pute, avec 39 de fièvre, et deux enfants en bas âge, 2 et 5 ans (« non je t’assure ils ont vraiment besoin de moi au boulot, allez bon courage, bisous à ce soir » – ok, j’avais pas vraiment besoin de ton aide en fait, c’était juste un petit caprice).

Je sais gérer un accident domestique de rebouchage de peinture raté : trouver quelqu’un qui m’emmène aux urgences parce que je ne peux pas conduire avec mon doigt en zigzag, quelqu’un d’autre qui garde les enfants pendant les 8h où je douille dans la salle d’attente des urgences, et me donner moi-même les premiers soins tout en rassurant les enfants (« non mes chéries c’est pas grave du tout d’avoir le doigt à l’envers, d’ailleurs j’ai presque pas mal »*).

Bref. Tout ça pour dire que j’ai une petite expérience de la gestion de crise sans mari.

En revanche, il y a un défi auquel j’ai du mal à m’habituer, c’est de virer les araignées géantes de l’automne. Celles qui sont grosses comme des noix avec des pattes trapues et des crochets de guerrier. Pas que j’aie peur, mais je trouve ça répugnant au plus haut degré, et il me faut une longue préparation mentale avant de poser l’embout de l’aspirateur sur la bête plus grosse que l’embout.

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Cherche coloc courageux, capable de tuer les araignées géantes de l’automne. Petit déj offert.

Disons-le, la première fois que j’ai surmonté mon dégoût, j’ai été plus fière que si j’avais rétabli la paix dans le monde, et j’ai considéré à partir de ce moment-là que je méritais ma ceinture noire en autonomie.

Prochaine étape : lire la revue technique de la Clio pour parler d’égale à égal avec le garagiste.

* Ceci est une fiction, dans la vraie vie les enfants ne sont pas du tout inquiets (hormis de savoir qui va préparer le dîner si je ne reviens pas), mais plutôt d’une curiosité malsaine scientifique : fais voir maman, fais voir FAIVOIR mais enlève les glaçons on voit pas ton doigt cassé !