Appelez-moi Shiva

Cette semaine j’ai rien foutu au bureau. Enfin rien de solide. (J’ai quand même assisté à de nombreuses et indispensables réunions. Et longues. Sans elles le monde tournerait moins bien.)

Par contre côté perso : j’ai avancé sur mon dossier pour l’avocate (j’atteins le niveau bac +3 Archivisme et photocopisme), acheté un nouveau maillot de bain (pour nager plus vite et avec grâce le midi – je vais quand même pas faire des pauses déj), fait des recherches de cadeau pour l’anniversaire de mon chéri, appris des mots en chinois sur une petite appli dans le RER, lu 150 pages de mon livre, invité ma mère à dîner, je me suis inscrite à un semi-marathon et j’ai cherché de la doc sur des programmes d’entraînement, eu 3 insomnies et des règles cataclysmiques, aimé mes enfants et géré leur quotidien, contenu le bordel et la saleté chez moi, fait l’amour et envoyé des texto à mon amoureux, eu des conversations drôles avec des amies, énervantes avec d’autres, et intéressantes avec ma sœur (tout ça par texto, aussi, la déconnexion c’est pas pour moi), nourri mon chat pénible, lu pas mal de blogs marrants ou touchants mais aussi des articles ineptes sur Slate ou Rue89, avancé les mots croisés de Télérama aux chiottes, eu plein d’idées dont les 9/10e sont perdues… 

Putain je suis hyperactive en fait.

inspecteur gadget
Mmh… avec mon efficacité de ouf je pourrais prendre un 2e boulot.
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Comment bien choisir ses capotes ?

Aujourd’hui, j’ai envie de parler du marketing des capotes. Ça me fascine. Je sais pas si vous avez vu les pubs dans le métro en ce moment pour Manix (ceci n’est pas un post sponsorisé mais il faut bien qu’on sache de quoi on parle).

Passons sur le message véhiculé, les photos de jeunes bien dans leur laïfe, le slogan un peu cryptique. D’autant que je suis probablement pas la cible (à quand des pubs de capotes pour les milf ?). Non, ce qui me fascine c’est la segmentation et les noms des différents produits. Et aussi le vocabulaire technique utilisé pour la description du modèle.

Par exemple Orgazmax, il est microperlé. Tout de suite c’est parlant. Ils ont ajouté « Le préservatif à mégatexture stimulante pour favoriser l’orgasme » pour les malcomprenants – ou pour ceux qui se font chier dans le train et qui lisent TOUTES les écritures sur les affiches des pubs.

Si, poussé(e) par une forte curiosité sociologique (ou parce que vous avez prévu de niquer), vous décidez d’aller étudier l’offre en magasin, vous risquez de tomber dans une grande perplexité. Faut-il par exemple oser les king-size ? Si vous êtes un mec, on vous prendra pour un prétentieux (notez que le modèle « petite bite » n’est pas proposé). On s’adresse donc aux femmes. Aux femmes qui se la racontent et qui sont maquées (avec des hommes bien membrés, donc). Parce que imaginez, vous êtes une chaudasse fraîche et charmante célibataire qui envisage de passer une soirée agréable, vous passez au supermarché ou à la pharmacie acheter des king-size pour ne pas être dépourvue en cas de bon coup et là, pas de bol, vous vous rendez compte que vous avez pécho un mec dont la taille n’est pas adaptée à celle de vos capotes. Quelle déconvenue.

Concentrons-nous maintenant sur les options. On s’y perd. Il y a des capotes à texture, ultrafines, parfumées ou aromatisées, avec anneau spécial (spécial quoi ?) ou ajout de produits divers (chauffant, anesthésiant…). Comment choisir ? Est-ce que prendre le modèle de base, ce serait avouer qu’on est coincé du cul ? (Ou radin ?)

Dernière source de désarroi : le nom. Comment savoir si Orgasmic+ est mieux que Endurance, Intense Pleasure ou Sensations Intactes ?

Certaines marques ont d’ailleurs prévu sur leur site une page spéciale pour choisir le modèle qui vous va bien. [Vous voulez mon avis ? Le plaisir viendra pas du préservatif mais de la personne qui est dedans. Je dis ça, je dis rien.]

Tout ça pour dire que je paierais cher pour travailler au marketing chez Manix ou Durex.

reunion
Des idées de nom, Jean-Claude, pour notre nouveau produit spicy ?

[La prochaine fois : le marketing des tampons.]

L’amoureux (2)

Il y a quelques temps, donc, j’ai eu un amoureux.

Au début, tout baignait. J’ai craint un instant qu’il ait une femme, mais en fait pas du tout : il partageait son logement avec la mère de sa fille. Ensuite il m’a annoncé : on cherche une solution, avec ma coloc, pour qu’elle parte vivre ailleurs.

Je me suis dit, c’est bien, laissons-le gérer ça tranquillement, ça peut pas se faire du jour au lendemain. Juste c’est pas très pratique parce qu’on peut pas aller baiser discuter chez lui. Mais comme j’ai un chez-moi, l’un dans l’autre, c’est supportable, on a de longues discussions et personne ne trouve rien à y redire (à quelques détails près).

Sauf que.

Sauf qu’en fait, sa coloc était pas au courant qu’entre elle et lui, c’était fini. Elle savait pas qu’ils étaient séparés. En même temps faut la comprendre, ils vivaient ensemble, c’était pas évident. Souvent quand on se sépare, on habite plus ensemble. Et quand on habite ensemble, c’est qu’on est pas séparés. Et peut-être qu’au moment où ils cherchaient une solution pour qu’elle vive ailleurs, en fait elle était pas là. Ou alors c’était juste dans la tête de mon amoureux.

Tout ça est devenu trop compliqué pour moi, et puis je n’avais pas envisagé de partager un amoureux, je voulais vivre une histoire d’amour juste à deux (oui, je suis d’un égoïsme ahurissant, je pense qu’à mon plaisir, pendant ce temps, il y a des colocs qui souffrent). Donc je me suis barrée.

Fin de l’histoire d’amour.

L’amoureux (1)

Il y a quelques temps, j’ai eu un amoureux.

On se connaissait, on se plaisait, on a croqué la pomme ensemble. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sauf que.

Sauf que mon ex-mari l’a su. En soi c’est pas très grave. Je veux dire, je l’ai quitté il y a plus d’un an, on ne vit plus ensemble et j’ai demandé le divorce. Ca me faisait de la peine pour lui parce qu’il en avait de la peine, mais à part ça, je m’en suis remise assez vite. Or pour lui, techniquement, on est toujours mariés. Je lui dois donc fidélité. Jusqu’au divorce.

Je trouve pas ça très pertinent (mais je suis un peu excentrique). Imaginons que le divorce dure longtemps, longtemps. Ca peut durer des années si on n’est pas d’accord. Par exemple 6 ans. Ca veut dire que je resterais 6 ans sans niquer ? (Et lui aussi, mais ça me chiffonne moins.)

Bref. Il me rappelle mes obligations de fidélité, et nous avons alors cette conversation loufoque. Je lui fais remarquer que quand je suis chez moi, il n’a pas à savoir ce que je fais, avec qui ni dans quelle position, et qu’il peut dire ce qu’il veut à qui il veut, il n’aura pas de preuves. Il me dit que si il veut, il m’envoie un huissier. Parfaitement, un huissier, qui me surprendra les fesses à l’air, me vautrant dans l’adultère, avec mon amant, ce connard. Je lui dis mais l’huissier, je vais pas lui ouvrir à poil. Donc je lui ouvre, il y a un ami chez moi (qui n’est pas à poil non plus), qu’est-ce qu’il en déduit ? Ah ah, me répond-il, il peut aller tâter le lit pour voir si il est encore tiède.

ciel un huissier

Ah ah, me dis-je in petto, voilà qui est intéressant. L’huissier débarque à 6h du matin, je suis avec un ami, nous sommes debout, habillés, mais le lit est tiède. Pire, un seul lit est tiède.

J’ai décidé de mettre le chat en bouillotte sur le lit d’appoint, au cas où.

[Note : j’ai demandé à mon avocate si ça tenait la route cette histoire d’adultère pendant la procédure de divorce, elle m’a dit que théoriquement, oui, mais que dans la pratique, ce n’était plus suivi. (Voire c’était un peu ridicule, mais le ridicule ne tue pas mon ex-mari, je le sais depuis longtemps.)]