La magie du ménage

Ranger, c’est bien. Mais une fois que les surfaces sont dégagées de tout ce qui en faisait la vie, et non une photo de Ma maison chère et morte magazine, il y a un gros problème : la saleté se voit.

Pour remédier à ce problème, deux solutions : 1) ne pas ranger, 2) faire le ménage.

Pour les gens qui trouvent que le ménage, c’est chiant fatiguant, voilà le fruit de longues années de réflexion et d’expérience (j’aime transmettre, tu l’auras compris). Pour l’autre solution, je suppose que même les plus cons s’en sortiront sans mes bons conseils.

Les couleurs salissantes tu banniras. Ne jamais, JAMAIS, avoir des surfaces blanches chez soi, que ce soit du carrelage (saleté visible à seconde +2 après le passage de la serpillière), des murs (fuir particulièrement le blanc mat qui est impossible à laver une fois taché (pour les psychopathes qui auraient l’idée de laver leurs murs)) ou autre chose. Je sais pas quoi d’autre peut être blanc. Des placards. De la déco. Pas de blanc, on a dit. C’est le MAL. À la limite les plafonds, qui sont quand même coton à salir sans le faire exprès. Et l’électroménager parce que t’as pas le choix (ou alors c’est du très dessus de gamme, t’as pas les moyens).

Variante du blanc : les surfaces chromées. N’achète pas la cuisine Ik*a chromée. C’est classe mais dès que tu touches le placard, tu laisses tes empreintes digitales, au minimum. Ou alors renonce à ouvrir tes placards.

Corollaire de la règle numéro un : les couleurs camouflage tu choisiras. Sont recommandés : le gris, le marron, le bois, et en général tout ce qui est texturé ou à motifs, surtout quand c’est irrégulier. Quand c’est sale, tu peux faire semblant que la goutte de Danette au chocolat séchée sur le parquet est un noeud du bois.

Les invités la nuit ou les jours de pluie tu recevras. Rien de pire qu’un rayon de soleil pour révéler tous les gros moutons dégueulasses qui squattent sur le sol de ton salon, les cheveux de tes enfants dans l’entrée (parce que c’est là qu’ils se coiffent le matin, par exemple), ou les poils du chat dans le couloir (dans le meilleur des cas). Le pire du pire : le soleil du matin ou du soir, rasant, qui met en lumière aussi la poussière des dessus de meubles, voire d’endroits que tu n’aurais jamais pensé à nettoyer sans l’aide du soleil. Quand tu es tout seul, tu as la force de caractère de traiter tout ça par le mépris. Mais quand il y a des invités, tu ne vois que ça et tu n’assumes plus du tout ton choix d’utiliser ton temps libre à autre chose que le ménage (alors que le revendiquer au bureau, c’est plutôt easy).

Des housses partout tu poseras. Oui, parce que le canapé crème (fail) avec les traces de goûter, les auréoles de jus d’orange ou les petits trous dans les coussins (ça s’use vite ces conneries, deux-trois saltos avant de la petite et c’est déchiré), c’est pas de la douceur pour le regard. Mais déhousser le canapé pour laver le tissu qui sera immédiatement resali après la pose, sachant que dépose + repose = environ 4h d’énervement, de pleurs, de sueur et de douleur, c’est pas réaliste. Sois raisonnable, achète un plaid sympa et pas cher, qui se pose sur les taches et se lave facilement quand lui-même est taché.

Si vraiment, vraiment, tu es réduit à faire le ménage, voilà un dernier conseil.

Ce qui est visible tu privilégieras. Sache qu’il y a des endroits qui peuvent rester sales sans que ça se voie trop. Alors en cas d’analyses bactériologiques, tu iras en prison pour tentative d’empoisonnement par insalubrité et tes enfants seront placés, mais si tu échappes à ça, ton intérieur fera illusion – surtout si tu ne laisses pas les gens rentrer trop longtemps chez toi. Tu peux donc à peu de frais et en peu de temps réaliser un ménage qui donnera l’impression que tout est clean. La priorité : les grandes surfaces, surtout si elles sont claires, et tout ce qui est à hauteur du regard. Si tu invites un nain et un géant, élargis la zone de nettoyage. Si tu invites des petits enfants (< 1,10 m) ou de jeunes adultes, ne te fais pas chier, les enfants et les moins de trente ans ne voient pas la saleté.

Si par malheur tu ne m’as pas écoutée (ou que tu es en location et que ton proprio ne m’a pas écoutée) et que tu as un carrelage blanc, des murs blanc mat, des rideaux blanc perle et des placards blancs, tant pis pour toi, il n’y a pas grand-chose à faire.

menage
Astuce n° 12 : faire le ménage en string devant la fenêtre pour pécho un(e) riche conjoint(e) qui paiera une femme de ménage.
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La magie du rangement

Comme c’est l’heure du grand rangement de l’été pendant que les enfants foutent le bordel ailleurs sont en vacances avec leur père, comme par ailleurs je suis pas une radine de mes conseils en or, alors que je pourrais les monétiser dans un best-seller mondial (mon esprit chrétien me perdra), voilà mes bonnes astuces pour un intérieur rangé sans effort.

magie rangement
Vite, une manucure magique avant de ranger !

Ce qui marche

Cacher. Évidemment, le problème principal du bordel, c’est qu’il se voit. La solution : qu’il ne se voie plus. Prévoir une maison à cachettes pour ranger vite et bien tout ce qui traîne : placards qui ferment, tiroirs, dessous de lit, rideaux, portes, buanderies, boîtes, paniers, sacs… Éviter impérativement les étagères, qui ne cachent rien. Si on n’a pas de cachettes, aller au magasin de cachettes et en acheter plein.

Jeter (d’après Marie Kondo). Plus radical mais terriblement efficace. Voilà comment je procède.

  1. Un jour de fou rangement, lassée de voir traîner partout jouets, papiers et dessins d’art, ustensiles de cuisine ou objets high-tech, je jette avec rapidité et efficacité ce qui traîne dans des contenants (ça veut dire des sacs de supermarché).
  2. Je dissimule les sacs dans un endroit clos, par exemple la buanderie. Ah non y a plus de place. Je les mets à l’écart dans la salle télé.
  3. Je laisse reposer plusieurs semaines (impératif). Quatre semaines est un minimum, trois mois est mieux, un an est idéal (mais c’est long, un an).
  4. Je jette les sacs sans regarder ce qu’il y a dedans.

Ne rien faire. Cette solution n’aboutit pas au résultat escompté (avoir une maison rangée). En revanche, on s’aperçoit qu’à partir d’un certain seuil, le niveau de bordel semble stagner. Ou alors il y a plus de bordel mais on ne s’en rend plus compte, ce qui revient au même. C’est en tout cas la méthode la plus rentable car elle ne nécessite aucun effort pour un effet réel.

Aparté. L’inconvénient de ces méthodes, c’est les difficultés que j’ai parfois à retrouver certains objets, soit parce qu’ils sont cachés, soit parce que je les ai jetés sans le savoir, soit parce que c’est trop le bordel. Mon père avait trouvé un remède infaillible, non pour le rangement, mais pour éviter de chercher des objets : il en achetait plusieurs exemplaires, partant du principe que si la maison contenait vingt-deux coupe-ongles, il finirait bien par tomber sur au moins l’un d’entre eux, quel que soit l’état de la maison. La plupart du temps ça fonctionnait.

Ce qui ne marche pas

Trier. Imaginons. Je trie minutieusement le bordel de la table basse (ceci est un exemple fictif, j’ai renoncé depuis longtemps à ranger la table basse). J’étale sur toute la surface du sol du salon, en petits tas distincts, les objets triés, afin de les regrouper avec leurs semblables, du moins avec ceux qui doivent aller au même endroit. Cela suppose déjà que le sol soit dégagé, et implique donc un effort préalable. Hélas, une fois le tri effectué, je me rends compte que je n’ai fait que la moitié du job. Il faut ranger. Aller dans chaque pièce de la maison (je vous ai dit que j’habitais à Moulinsart ?, cela rend l’opération très fatigante), me rendre compte qu’il n’y a pas de place pour l’objet concerné à l’endroit où je comptais le ranger, imaginer un autre endroit disponible et pas trop baroque (parce que si je range le cirage à chaussures avec les jeux de société je suis sûre de ne jamais m’en souvenir ni le retrouver), me rendre à l’autre endroit, etc. Souvent j’abandonne avant la fin, et mon salon ressemble à un stand de vide-grenier. Pour finir, je remets tout sur la table basse.

Grouper. Avec l’expérience, on se rend compte qu’agrandir les surfaces dégagées peut donner une impression d’ordre (en tout cas de meilleur ordre que quand chaque espace est occupé par des objets divers). Il suffit donc de grouper le bordel, en respectant le principe de la pyramide : les trucs grands en dessous, les plus petits sur le dessous (tenir compte aussi du poids). On arrive ainsi à un effet visuel intéressant de piles alternant avec des zones vides. Malheureusement cela présente deux gros inconvénients. 1) Si des enfants habitent chez vous, les piles ont une espérance de vie de 15 minutes. 2) Si vous avez besoin d’un objet, la loi de l’emmerdement maximum fera que ledit objet sera soit au milieu d’une pile (on ne le voit pas et on ne le trouve donc jamais), soit tout en bas et il faudra rompre le précieux équilibre et, la plupart du temps, foutre la pile par terre.

Ranger. J’avoue, de temps en temps, poussée par la pression sociale, je me dis que ça serait bien de ranger un peu tout ce bordel, que je m’y retrouverais mieux, et que je finirais par gagner du temps (il faut savoir perdre pour gagner, tout le monde sait ça). Donc je m’y mets. Devant l’ampleur de la tâche, je me fixe un objectif raisonnable : ranger et trier une petite pièce, ma chambre par exemple. Au bout d’un nombre d’heures important, je vois le bout du tunnel. Et là je réalise que c’est très décourageant. D’abord parce que j’y ai passé un temps infini qui aurait été mieux employé à boire une Chimay fraîche au soleil en lisant un bon roman américain. La vie n’est-elle pas trop courte pour s’emmerder ainsi ? D’autre part parce que ça ne se voit pas. (Ok, j’aurais dû commencer par une pièce qui se voit, malheureusement c’est une pièce trop grande et il me faudrait plusieurs vacances d’été pour en venir à bout.) Ensuite, parce que n’étant pas habituée du tout à avoir une zone rangée chez moi, je ne retrouve pas plus mes affaires : comment deviner que cet objet que je cherche est rangé à sa place ? Enfin, parce qu’au bout de quelques jours, il faut tout recommencer. Le bordel, tel une marée envahissante et invincible, est revenu.

Demander aux enfants de ranger. C’est la pire des solutions, celle qui apporte le plus de déception pour un investissement important. Ca ne marche pas du tout : les enfants sont pas cons, ils savent que ranger, c’est nul, ils vont donc mettre toute la puissance de leur inertie au service de leur résistance au rangement. Au final, j’aurai dépensé toute mon énergie à essayer de leur faire ranger trois livres et il sera l’heure d’aller se coucher. Il vaut encore mieux ranger soi-même, c’est dire si je déconseille cette option.

Demain, En septembre, L’année prochaine, ma routine ménage.

J’ai la tête en l’air

Tu sais ce qui me fatigue ? (Je te dis tu hein, on va pas faire les pimbêches.) Ce qui me fatigue, c’est de penser à mille trucs à la fois. Si tu voyais l’intérieur de ma tête, tu flipperais ta race. Il y a de tout, c’est le grand dawa, et pourtant c’est assez rare que j’oublie un truc vraiment vital.

Sauf en ce moment. En ce moment, j’oublie tout. Enfin pas tout, mais des trucs. Des fois des trucs importants, et ça me fait flipper car qui, mieux que la Mère, a fortiori la Mère Seule, est garant des deadlines de la planète entière et d’une bonne organisation quotidienne pour les siècles de siècles (amen) ? (Ceci n’est pas une remarque sexiste mais une constatation. Dans mon entourage proche et éloigné, 9 fois sur 10, c’est la mère qui gère la logistique et les deadlines. Mais peut-être qu’il y a un biais social dans mon étude et que dans la grande bourgeoisie italienne ou dans les tribus papoues ce n’est pas le cas.)

Au fil des ans – et surtout depuis que j’ai des gosses, sans vouloir leur jeter la pierre – mon cerveau a appris à trier avec des petites étiquettes : important / pas important ; urgent / peut attendre ; travail / maison / enfant / moi / santé / vacances / voiture / argent… Il met des tags. Il fait des combinaisons : « réparer les essuie-glace de la Clio de la honte » = important / urgent / voiture.

Mais tout ce boulot je suis sûre que ça le fatigue – donc ça me fatigue. Ça mouline un max jour et nuit.

Il y a les tâches récurrentes à rappeler tous les jours à heure fixe : « préparer le goûter de la petite pour demain ».

Les trucs exceptionnels : « faire faire un bilan orthodontiste à la grande » ou « réunion d’école samedi matin à 8h30 » (les chiens, on pourrait pas dormir un peu non ?).

Les petits mémo qui restent dans la tête jusqu’à ce que je les note : « noter sur la liste des courses : gruyère » (ceci est un exemple fictif car j’achète du gruyère à toutes les courses et n’ai donc pas besoin de les noter).

Les tâches à long terme, peut-être les plus sournoises : « trouver un plan en or pour les vacances d’été », j’ai le temps on verra demain (ce week-end, la semaine prochaine, en avril…), jusqu’à ce que… Oh mon dieu on est en juin !

Ou les infos essentielles comme la pointure ou le poids des enfants. Celles-là c’est les pires, à peine tu les as intégrées, elles sont déjà dépassées.

Pour palier ce problème et soulager mon cerveau surentraîné (même les athlètes de haut-niveau ont besoin d’un break, et en ce moment je dois avoir une tendinite de la mémorisation), je liste. J’ai des listes partout. Au bureau sur mon bloc brouillon, dans la cuisine, sur mon téléphone, dans mes poches, sur des vieilles enveloppes. Pas sur le tableau Veleda depuis qu’on ne peut plus effacer les dessins des enfants (*expérience scientifique* : pour transformer un feutre effaçable en feutre indélébile, écrivez et laissez sécher 2 ans et demi).

todo list
Champagne !!! J’ai coché toute ma to-do !

Il paraît qu’il y a un truc du feu de dieu pour l’organisation, le bullet journal, mais comme j’ai pas compris le fonctionnement en 3 secondes ça m’a découragée. J’ai pas que ça à faire non plus.

Donc je me contente de mes listes en cherchant la meilleure formule, c’est à dire celle qui aura la plus grande efficacité pour le moins de temps passé. Pas comme cette femme que je vois tous les matins dans le RER remplir son agenda familial. Vu le temps qu’elle y passe, elle aurait plus vite fait d’accepter d’oublier un truc ou deux.

Il paraît que les listes, c’est le mal, parce que le cerveau perd l’habitude de mémoriser. Ben tu le diras à ma fille la prochaine fois que j’aurais oublié son pique-nique pour la sortie scolaire. « Tu vas rien bouffer pendant que tes copains mangeront des chips et boiront des Yop mais c’est pour le bien de ta mère, ainsi son cerveau s’entraîne. » (Ceci est un autre exemple fictif, je n’ai jamais oublié le pique-nique de la sortie scolaire, mais son père oui, car il ne pratique pas l’art de la liste. CQFD.)

Comment j’ai acheté un téléphone vert

Un jour je me suis levée, et ma fille aînée était une pré-ado. (Mon BÉBÉ ! Une pré-ado !) J’ai réalisé qu’elle entrait au collège l’année prochaine, soit dans moins de 5 mois.

Mes rides sont sorties d’un coup de mon visage et mes cheveux ont blanchi. Faites pas d’enfants, ils vous filent des coups de vieux qui niquent leur mère.

Ma fille et moi on n’a pas baissé les bras face à l’adversité. On a tout de suite pris le taureau par les cornes pour s’organiser comme il faut. Collège = aller à l’école toute seule = téléphone. 

Bon là j’ai eu deux cas de conscience.

  1. Le téléphone pour les enfants c’est TRÈS MAL. Si ça se trouve c’est pire que la télé. On sait pas encore, on manque de recul sur la génération Z (ou je ne sais plus à quelle lettre on en est, peut-être qu’on a repris à A). Mais de même qu’on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs, on n’envoie pas son enfant seule dans la vie au collège sans un téléphone mobile.
  2. Depuis que j’ai vu Le prix à payer, je boycotte Amazon et Apple. Le sacrifice est léger vu que j’ai jamais rien acheté chez eux (mon aïeFone Reine des neiges est un don), mais c’est l’intention qui compte. Sauf que j’ai pensé que c’était sans doute pas mieux chez les copains (Samsung, etc.). Et que le seul mobile « propre » (éthique, etc.) à ma connaissance coûte au bas mot dans les 400€.

Alors j’ai décidé d’acheter un mobile recyclé sur un site écolo. Je trouve ça formidable comme idée marketing : tu achètes pas (trop) cher un vieux matos d’occase, c’est pas du système D, c’est É-CO-LO. (Écolo = tendance, pour ceux qui vivraient dans une grotte.) C’est beaucoup plus chic de dire : je l’ai acheté chez Éco-truc, que : je l’ai trouvé sur Le Bon Coin. Il faut aussi avouer que l’avantage par rapport à acheter un objet chez Jeanpaul254 du 91 qui a mis une annonce sur Le Bon Coin, c’est que le matériel est vérifié, la batterie est neuve, il manque pas le kit mains libres, et il y a une garantie.

téléphone vert
Quelqu’un a vu mon bonhomme Cetelem ?
Et quand même sur le principe ma conscience est sauve (ainsi que mes économies pour aller boire des bières au bar). Je n’ai pas vendu mon âme au diable ni participé au saccage de la planète ni été complice du travail nocturne d’enfants chinois dénutris.

Et ma fille peut apprendre à être accro aux texto.

La transhumance des gnous

Tous les jeudis, une semaine sur deux, les petits gnous changent de maison. L’échange a lieu à l’école : les gnous sont déposés le matin avec leur paquetage et leur père les récupère le soir.

gnous
Eh les petits gnous, c’est l’heure de faire votre sac pour aller chez papa gnou.

Avantage

Leur père et moi on peut vivre sans presque jamais se croiser, ce qui au vu de nos relations est un bienfait considérable, mieux encore que la gelée royale pour le rajeunissement de la peau et le bon moral des troupes. En tout cas les miennes.

Inconvénient 

Les enfants doivent se trimballer une chiée de sacs, cartables et besaces, parce qu’en plus c’est le jour du sport à l’école.

Par ailleurs, elles doivent trouver des stratégies pour préserver leur vie privée. L’aînée n’assume pas, en CM2, de se déplacer avec ses 3 doudous (alors que franchement, tout le monde a un doudou, cessons cette hypocrisie toxique et ridicule). Elle les refile donc à sa sœur, promue respon doudous, après négociations pour trouver des emballages étanches à l’intérieur du sac à doudous. Il est en effet important d’éviter le mélange des baves (un doudou qui sent la bave d’un autre, ça craint).

Ça c’est pour le vital.

Ce qui peut attendre (jouets, chaussures de rechange, affaires pour les activités du week-end) est déposé le soir à la frontière du territoire ennemi. (J’en profite parfois sournoisement pour refiler des jouets pénibles comme la trompette Violetta.)

Le lundi, la transhumance s’effectue dans l’autre sens, mais comme le père des enfants n’a pas le même sens de l’organisation que moi (par exemple je pressens qu’il néglige l’importance des listes pour ne rien oublier, alors que les listes, c’est la vie), on a des petits conflits sur des sujets prosaïques, comme la rétention de survêtements. (J’ai déjà acheté 4 ou 5 survêtements depuis le début de l’année.)(Je rappelle que le jeudi, c’est sport, pour ceux qui suivent pas.)

Du coup j’ai entamé une formation listes pour les enfants.

La pension alimentaire pour les nouilles

Comme je l’ai déjà dit, c’est mon premier divorce. Je manque donc cruellement d’expérience pour ces choses de la vie qui consistent à passer devant le JAF, comprendre le fonctionnement tordu subtil de la justice et expliquer aux enfants pourquoi je prends tout l’argent de leur père. (Le pauvre, il est obligé de m’en reprendre à l’insu de mon plein gré pour payer le buraliste et se racheter un smartphone, c’est dire s’il a la pression.)

Il n’empêche que j’ai vu assez vite que mon avocate, dont c’était aussi le premier divorce, avait un peu fumé quand elle m’a montré « notre proposition » pour l’audience devant le juge. En gros, on va demander du rhum, de l’or, et des femmes, et on aura la belle vie sous les cocotiers. 

En fait j’ai tout relu et je me suis dit, de deux choses l’une. Soit c’est comme au boulot, on demande une grosse augment pour espérer avoir 50€ bruts. Soit ça n’a rien à voir et je vais avoir l’air d’une de croqueuse de diamants. (C’est une métaphore, à la limite j’aurais pu croquer la machine à laver et la télé neuve, et encore. Il n’empêche, ce n’est pas un air que j’ai envie d’avoir.)

femme riche
Au prochain divorce, je demande la garde du yacht.
Ensuite, j’ai réfléchi et j’ai compté. J’ai dit à l’avocate : je sais que je ne suis pas censée défendre mon ex-mari mais là, si on lui demande de payer la moitié de la maison (dans laquelle il n’habitera plus) + une pension alimentaire + les frais de justice, partant du principe qu’il devra aussi payer un loyer pour se loger et que son salaire va rester le même, on le clochardise en deux semaines. Bref, c’était tellement too much que j’ai dû me faire l’avocat du diable. (Même que ça m’a fait un peu mal au c…)  Elle m’a pas trop écoutée. J’ai insisté. J’ai dit que ça m’embêtait que mes filles aient un clochard pour père. Que j’étais peut-être un peu stupide avec mes scrupules de débutante en divorce juteux mais que ça heurtait mon sens de la justice. Qu’en fait ce que je voulais, c’était pas le dépouiller mais juste le quitter. Elle a fini par baisser les montants. Pas autant que je lui avais demandé mais ça me semblait plus raisonnable (et j’étais encore influencée par la stratégie de l’augmentation : demande 200 pour avoir 50).

Au final la juge a tranché pour le montant proposé par mon ex-mari, qui me semblait tout à fait honnête vu ses revenus. J’ai appris ensuite avec ma 2e avocate (je fais une collection, c’est un peu coûteux mais ça a de la gueule), qu’il existait une grille officielle en fonction du salaire, du mode de garde, du nombre d’enfants, etc. C’est quand même rassurant de savoir qu’on peut pas faire n’importe quoi. Enfin pas tout le temps.