Comment j’ai vaincu l’Agent Immobilier

Votre mission, si vous l’acceptez : transformer votre camp de gitans en maison à 200 000 €. Vous avez 24h et deux enfants en vacances en guise de handicap à votre service.

Ce matin, j’ai dit aux enfants : les gars, j’ai une déclaration importante à faire. Demain, à 10h pétantes, viendra l’Agent Immobilier. L’Agent Immobilier va regarder notre maison pour dire combien d’argent elle vaut. Alors il faut lui donner envie avec notre maison pour qu’il lui trouve une grande valeur, parce que plus il lui trouvera une grande valeur, plus on la vendra cher et on plus récupérera des brouzoufs par milliers pour s’acheter du rhum et des putes.

Enfant numéro 2 : il va dire que la maison vaut 1 million d’euros ?

Moi : non. Mais 200 000 euros ça serait bien

Enfant numéro 2 : wouah… !

Moi : allez les gars, on s’y met, on donne envie. Travail d’équipe. Toi tu passes l’aspirateur, toi tu montes tous les jouets dans les chambres, toi tu fais la vaisselle. [Je suis une meneuse d’hommes, j’ai ça dans le sang.][Je n’ai que deux enfants, je me suis emballée. Du coup c’est moi qui fais la vaisselle.]

Après une journée entière d’efforts, aidée par l’enfant numéro 1 pendant que l’enfant numéro 2 zonait devant la télé et gueulait dès qu’on lui demandait un petit coup de main (« mes vacances sont nulles, j’ai fait que ranger ma chambre et regarder des écrans »), la maison s’est enfin mise à ressembler à quelque chose.

Enfant numéro 1 : maman, notre maison, c’est la plus propre de la rue.

Moi : euh… non je crois pas. En fait on a juste rattrapé la moyenne. [On partait de loin. Quand je dis camp de gitans, faut me croire.][D’où ma légitimité quand j’écris des posts sur le ménage et le rangement : j’ai de grands besoins en la matière, ce sont donc des sujets auxquels je réfléchis fréquemment et en profondeur.]

Le phénomène étrange qui s’est produit alors, c’est que plus on rangeait et nettoyait, plus on trouvait que tout était sale. On s’est retrouvées avec ma fille à nettoyer les plinthes à la brosse à dents, à briquer le dessus de la hotte avec un produit tue-graisse, à frotter les traces douteuses sur les murs (oui, mes enfants adorent le chocolat, ne croyez pas que c’est autre chose de dégueulasse). À un moment, j’ai même envisagé de ranger les vêtements de mes portants par couleur dans la chambre, mais finalement c’était l’heure de manger. Et plus on avançait, plus on voyait des choses à laver, ranger, trier. J’ai compris à quel point ma décision de ne pas trop m’attacher aux choses de la propreté ménagère était salutaire dans ma vie : c’est un puits sans fond, une tâche qui n’a pas de fin (Sisyphe ça vous parle ? J’ai déjà le linge, merci). (L’inconvénient c’est que quand on a besoin que la maison soit présentable, ça demande un gros investissement assez décourageant.)

À l’heure du dîner, le défi était pas loin d’être remporté. En tout cas nous étions assez fières de nous, l’enfant numéro 1 et moi (l’enfant numéro 2 continuait à râler pour tout et rien, et à crier qu’il était une victime de la vie, je pense que ce sont ses gênes paternels qui se manifestent de temps en temps, il faut attendre que ça passe (cet enfant va sûrement se bonifier avec le temps)).

Nous sortîmes nous offrir un restau pour nous récompenser de ce bon travail. Quand nous sommes rentrées nous coucher, je n’ai pas reconnu la maison. J’étais pas loin de ressortir voir si on s’était pas gourées de porte.

J’espère que tout ça vaut le coup et qu’on va se faire un paquet de brouzoufs. Sinon à quoi bon défigurer notre lieu de vie en cachant notre bordel et en virant la déco murale (dessin de 2011 « maman je t’aime », photos de l’été 2014, poster fait-maison de 2013) ? Comme dit l’enfant numéro 2, qui a bien compris la leçon de La cage aux folles : on ne va quand même pas changer notre environnement et notre façon de vivre. [Ben si un peu ma pauvre chérie.]

Le pire c’est qu’il va falloir maintenir ce niveau de rangement pour les visites d’acheteurs potentiels.

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La fable du divorce

Prenons un ex-mari pète-couilles et dingo (appelons-le le Fou le Pou Machin) et une délicieuse jeune femme qui voudrait juste vivre sa vie et faire pousser ses enfants merveilleux (Moi)(laissez-moi croire que je suis jeune, je fais ce que je veux avec mes cheveux).

La jeune femme a quitté Machin il y a trois ans et demi. Elle voudrait que cela soit entériné par l’administration, la justice, le banquier, et que sais-je encore ? Tout ce qui lui permettrait de pouvoir vivre sa vie sans avoir à demander à Machin une autorisation écrite et signée. Autorisation impossible à obtenir car Machin ne répond pas aux texto et e-mails, ou bien seulement quand ça lui chante, et alors sa chanson est une suite de vociférations discordantes, désagréables et sans aucun sens. Et, par principe, si par hasard il répond, Machin dit non à tout.

En guise d’aparté, voilà ce que la jeune femme ne peut pas faire sans l’autorisation de Machin.

  • Résilier sa ligne téléphonique car elle est au nom de Machin, il faut sa signature. La jeune femme paie donc tous les mois une ligne inutile (elle en a une autre et de toutes façons, personne en 2016 n’appelle plus jamais sur la ligne fixe, en dehors des gens du télémarketing).
  • Vendre la Clio de la honte, qui tombe en morceaux et déclare chaque mois un nouveau symptôme de décrépitude (direction assistée aléatoire, fuite de carburant, essuie-glace en rade, fermeture centralisée inopérante ET serrures défectueuses – sinon on rigolerait moins -, clim anéantie, pneu dégonflé…) : la Clio de la honte est un bien commun et ne peut être vendue sans l’accord écrit de Machin (en revanche les factures du garagiste semblent être la seule propriété de la jeune femme).
  • Vendre la maison achetée à deux et qui coûte trop cher pour un seul salaire (d’autant que la jeune femme a un salaire de merde métier de passion).
  • En attendant l’hypothétique vente, renégocier le prêt immobilier alors que les taux sont au plus bas et que, franchement, ça mettrait du beurre dans les épinards (ou plutôt des patates dans le caddie).
  • Vivre une histoire d’amour avec un homme parfait sans que Machin vienne coller un bourre-pif audit homme parfait, en toute bonne foi, car quand même, on lui prend pas sa femme impunément (d’ailleurs les amis de Machin trouvent que ce n’est pas grave d’extérioriser son sentiment de pouvoir sur les êtres humains par la violence, il faut quand même le comprendre, ça l’avait énervé ; heureusement, Machin n’exerce pas une profession dans laquelle on peut imposer sa loi par la force, flic par exemple, on serait dans de beaux draps).

Pour faire court, la jeune femme, qui est techniquement toujours mariée à Machin, ne peut disposer ni de sa vie, ni de son cul, ni de son fric. (Oh… mais ? Est-on au XIXe siècle ?)

Mais alors, qu’elle divorce ! Au lieu de glander sur le Net ou de croire au père Noël (= je vais quitter cet homme et il ne pourra plus me faire chier), qu’elle prenne sa vie en main, bordel !

C’est là que la cruelle fable du divorce intervient.

Déjà, on ne peut pas juste divorcer comme ça, en disant je m’en vais, ciao. Non. Parce que Machin ne veut pas divorcer. Soit. Mais elle ne veut plus être sa femme. Mais ça la justice s’en fout, en fait.

Alors il faut attendre et attendre encore, les longs mois de procédures toutes plus absurdes et chronophages et inutiles (vous avez déjà passé plusieurs week-ends entiers à scanner toutes vos factures sur trois ans, à faire des tableaux Excel pour montrer que votre budget est déficitaire et à justifier tous vos frais, pour que le juge conclue :  » Madame ne fait pas la preuve de l’emploi de ses fonds pour la communauté, elle donnera 10 000 brouzoufs à Monsieur » ?).

Quand la jeune femme croit voir le bout du tunnel, elle reçoit une lettre d’un organisme quelconque (Tribunal de grande instance – Affaires familiales, Cour d’appel de Paris, Cabinet d’huissiers Petit-Bois-mes-Couilles) qui lui annonce une autre procédure, un autre papier absurde à aller chercher à l’autre bout du département, une autre série de week-ends à trier et scanner des factures, d’autres gros chèques à envoyer à des avocats incompétents indifférents (mais très efficaces dans le portage de chèques à la banque).

Alors la jeune femme pose une autre journée de congé pour aller à l’autre bout du département, ou en rendez-vous chez l’avocat indifférent. Elle prend l’argent des vacances, puis du garagiste, puis des patates, pour payer l’avocat indifférent. Elle prend dans ses forces pour avoir un autre travail le week-end, quand les enfants sont chez Machin, pour pouvoir continuer à payer les patates. Elle prend dans ce qu’il reste encore de forces après ça pour être une mère patiente et aimante alors qu’elle a juste envie de cogner sur la gueule d’un con ou de s’endormir et de se réveiller quand tout ça sera terminé. (Mais parfois, c’est vrai, elle craque un peu et elle dit des gros mots devant les enfants.)

Et là elle se dit : serait-ce un mariage forcé ? À qui profite le crime ? Devrais-je reprendre le kung-fu pour évacuer ces tensions toxiques ?

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Mais pourquoi est-il si méchant ?

Épilogue

Cependant la jeune femme a une chance de ouf de bénéficier d’un entourage génial – famille, amis, merci, je vous serre fort dans mes bras -, de deux enfants exceptionnels qui font du bonheur dans son cœur tous les jours, et d’un déminage à peu près réussi des catastrophes économiques, pour l’instant.

The (happy) end. (#bisounours)

Moralité

Ne vous mariez pas.

(Ah bon je l’ai déjà dit ?)

Qui va tuer les araignées ?

Le problème d’être mère célibataire, c’est qu’il faut tout faire soi-même. Par exemple, en plus de travailler et de s’occuper des enfants, il faut faire la bouffe, les courses, le ménage, la lessive, l’entretien du jardin, les fucking paperasses…

Ah non ça je le faisais déjà.

Là où ça se corse parfois, c’est quand une urgence se produit et qu’il faut à la fois être au four et au moulin. Prenons un exemple concret. Il est 21h, les enfants sont couchés, et voilà que le stupide chat se ramène avec une brindille plantée dans l’œil. Un truc long et fin et rigide qui dépasse comme un pic de sa petite tête.

Horreur.

1) Ne pas tomber dans les pommes. Or j’ai du mal avec les trucs gore, les plaies ouvertes qui saignent, et a fortiori les yeux crevés. Mais si je perds connaissance, qui va décrever l’œil du chat ? Qui va veiller sur le sommeil des enfants ? Qui va sauver le monde ?

2) Réfléchir. Comment emmener le chat chez le véto sans laisser les enfants seuls ?

C’est la qu’on se dit ma pauvre, fallait y penser avant de quitter ton mari, tu serais moins dans la panade. Sauf qu’en fait, il était assez souvent au boulot, week-ends, soirées et jours fériés compris, ce qui fait que j’ai un bon entraînement.

Je sais gérer un déménagement seule, sous angine carabinée-sa-mère-la-pute, avec 39 de fièvre, et deux enfants en bas âge, 2 et 5 ans (« non je t’assure ils ont vraiment besoin de moi au boulot, allez bon courage, bisous à ce soir » – ok, j’avais pas vraiment besoin de ton aide en fait, c’était juste un petit caprice).

Je sais gérer un accident domestique de rebouchage de peinture raté : trouver quelqu’un qui m’emmène aux urgences parce que je ne peux pas conduire avec mon doigt en zigzag, quelqu’un d’autre qui garde les enfants pendant les 8h où je douille dans la salle d’attente des urgences, et me donner moi-même les premiers soins tout en rassurant les enfants (« non mes chéries c’est pas grave du tout d’avoir le doigt à l’envers, d’ailleurs j’ai presque pas mal »*).

Bref. Tout ça pour dire que j’ai une petite expérience de la gestion de crise sans mari.

En revanche, il y a un défi auquel j’ai du mal à m’habituer, c’est de virer les araignées géantes de l’automne. Celles qui sont grosses comme des noix avec des pattes trapues et des crochets de guerrier. Pas que j’aie peur, mais je trouve ça répugnant au plus haut degré, et il me faut une longue préparation mentale avant de poser l’embout de l’aspirateur sur la bête plus grosse que l’embout.

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Cherche coloc courageux, capable de tuer les araignées géantes de l’automne. Petit déj offert.

Disons-le, la première fois que j’ai surmonté mon dégoût, j’ai été plus fière que si j’avais rétabli la paix dans le monde, et j’ai considéré à partir de ce moment-là que je méritais ma ceinture noire en autonomie.

Prochaine étape : lire la revue technique de la Clio pour parler d’égale à égal avec le garagiste.

* Ceci est une fiction, dans la vraie vie les enfants ne sont pas du tout inquiets (hormis de savoir qui va préparer le dîner si je ne reviens pas), mais plutôt d’une curiosité malsaine scientifique : fais voir maman, fais voir FAIVOIR mais enlève les glaçons on voit pas ton doigt cassé !

Mets de l’eau dans ton vin

Depuis le début de la séparation avec mon ex-mari, j’ai parlé avec tout un tas de gens qui avaient toujours des conseils avisés et pertinents à me donner alors qu’ils n’avaient AUCUNE expérience en séparation chaotique.

J’ai eu à peu près toutes les remarques classiques sur les bienfaits de mettre de l’eau dans son vin (non mais ça va pas la tête ! de l’eau dans le pinard ? j’ai eu une correspondante allemande qui a pris cher pour cette faute de goût), de conserver des bonnes relations pour les enfants et de régler les choses en adultes responsables et raisonnables. (Oh mais c’est dingue ce que tu me dis, j’avais PAS DU TOUT pensé à faire ça !)

Un peu comme si les gens croyaient que ça me fait marrer de passer mon temps à me fighter avec quelqu’un dont j’ai décidé de ne plus partager la vie. 

Par ailleurs les gens ne se disent pas, avec leur cerveau en bon état de marche, que si j’ai dû partir habiter presque un an chez mes parents avec les enfants, c’est qu’il y avait baleine sous gravillon. 

Il y a pas cinquante solutions dans ces cas la. Soit on traite ce genre de conseils par le mépris en disant oui oui t’as raison, pour que ça passe plus vite. Ou alors, si on conteste, il faut sortir la grosse artillerie, quitte à exagérer un peu pour impressionner les esprits et couper aux gens l’envie de donner de nouveaux conseils moisis : ah oui j’ai essayé de discuter dans le calme et le respect du ressenti de chacun, j’ai même abandonné des otages (la maison et un chat), mais quand mon ex a tenté de se pendre devant les enfants, j’ai préféré être ferme, et depuis qu’il est en isolement en HP, je n’ai aucun moyen de discuter avec lui.

Bree van de Kamp
Que tu prennes la voiture neuve, la maison, les chats et le lave-linge, passe encore, mais que tu mettes de l’eau dans mon vin, ça me fâche BEAUCOUP.
Avec ça je gagne quelques mois de tranquillité.

La transhumance des gnous

Tous les jeudis, une semaine sur deux, les petits gnous changent de maison. L’échange a lieu à l’école : les gnous sont déposés le matin avec leur paquetage et leur père les récupère le soir.

gnous
Eh les petits gnous, c’est l’heure de faire votre sac pour aller chez papa gnou.

Avantage

Leur père et moi on peut vivre sans presque jamais se croiser, ce qui au vu de nos relations est un bienfait considérable, mieux encore que la gelée royale pour le rajeunissement de la peau et le bon moral des troupes. En tout cas les miennes.

Inconvénient 

Les enfants doivent se trimballer une chiée de sacs, cartables et besaces, parce qu’en plus c’est le jour du sport à l’école.

Par ailleurs, elles doivent trouver des stratégies pour préserver leur vie privée. L’aînée n’assume pas, en CM2, de se déplacer avec ses 3 doudous (alors que franchement, tout le monde a un doudou, cessons cette hypocrisie toxique et ridicule). Elle les refile donc à sa sœur, promue respon doudous, après négociations pour trouver des emballages étanches à l’intérieur du sac à doudous. Il est en effet important d’éviter le mélange des baves (un doudou qui sent la bave d’un autre, ça craint).

Ça c’est pour le vital.

Ce qui peut attendre (jouets, chaussures de rechange, affaires pour les activités du week-end) est déposé le soir à la frontière du territoire ennemi. (J’en profite parfois sournoisement pour refiler des jouets pénibles comme la trompette Violetta.)

Le lundi, la transhumance s’effectue dans l’autre sens, mais comme le père des enfants n’a pas le même sens de l’organisation que moi (par exemple je pressens qu’il néglige l’importance des listes pour ne rien oublier, alors que les listes, c’est la vie), on a des petits conflits sur des sujets prosaïques, comme la rétention de survêtements. (J’ai déjà acheté 4 ou 5 survêtements depuis le début de l’année.)(Je rappelle que le jeudi, c’est sport, pour ceux qui suivent pas.)

Du coup j’ai entamé une formation listes pour les enfants.

La pension alimentaire pour les nouilles

Comme je l’ai déjà dit, c’est mon premier divorce. Je manque donc cruellement d’expérience pour ces choses de la vie qui consistent à passer devant le JAF, comprendre le fonctionnement tordu subtil de la justice et expliquer aux enfants pourquoi je prends tout l’argent de leur père. (Le pauvre, il est obligé de m’en reprendre à l’insu de mon plein gré pour payer le buraliste et se racheter un smartphone, c’est dire s’il a la pression.)

Il n’empêche que j’ai vu assez vite que mon avocate, dont c’était aussi le premier divorce, avait un peu fumé quand elle m’a montré « notre proposition » pour l’audience devant le juge. En gros, on va demander du rhum, de l’or, et des femmes, et on aura la belle vie sous les cocotiers. 

En fait j’ai tout relu et je me suis dit, de deux choses l’une. Soit c’est comme au boulot, on demande une grosse augment pour espérer avoir 50€ bruts. Soit ça n’a rien à voir et je vais avoir l’air d’une de croqueuse de diamants. (C’est une métaphore, à la limite j’aurais pu croquer la machine à laver et la télé neuve, et encore. Il n’empêche, ce n’est pas un air que j’ai envie d’avoir.)

femme riche
Au prochain divorce, je demande la garde du yacht.
Ensuite, j’ai réfléchi et j’ai compté. J’ai dit à l’avocate : je sais que je ne suis pas censée défendre mon ex-mari mais là, si on lui demande de payer la moitié de la maison (dans laquelle il n’habitera plus) + une pension alimentaire + les frais de justice, partant du principe qu’il devra aussi payer un loyer pour se loger et que son salaire va rester le même, on le clochardise en deux semaines. Bref, c’était tellement too much que j’ai dû me faire l’avocat du diable. (Même que ça m’a fait un peu mal au c…)  Elle m’a pas trop écoutée. J’ai insisté. J’ai dit que ça m’embêtait que mes filles aient un clochard pour père. Que j’étais peut-être un peu stupide avec mes scrupules de débutante en divorce juteux mais que ça heurtait mon sens de la justice. Qu’en fait ce que je voulais, c’était pas le dépouiller mais juste le quitter. Elle a fini par baisser les montants. Pas autant que je lui avais demandé mais ça me semblait plus raisonnable (et j’étais encore influencée par la stratégie de l’augmentation : demande 200 pour avoir 50).

Au final la juge a tranché pour le montant proposé par mon ex-mari, qui me semblait tout à fait honnête vu ses revenus. J’ai appris ensuite avec ma 2e avocate (je fais une collection, c’est un peu coûteux mais ça a de la gueule), qu’il existait une grille officielle en fonction du salaire, du mode de garde, du nombre d’enfants, etc. C’est quand même rassurant de savoir qu’on peut pas faire n’importe quoi. Enfin pas tout le temps.

Choisir un avocat pour les nouilles

Il y a X années, on s’est mariés. Plus beau jour de la vie, robe de princesse, etc. (en réalité on n’a pas fait les choses comme ça, mais là je suis pas trop dans le mood de raconter mon mariage, surtout que c’était surtout pour faire plaisir à mon futur mari – dorénavant ex-mari -, ce qui est encore une autre histoire). Bref, tout cela induit factures, organisation draconienne, arrachage de cheveux divers et un max de stress, il faut bien le dire.

X années plus tard, au moment de divorcer, on se dit que ça va être beaucoup plus simple ma fille, un avocat, un juge et hop. Hasta la vista, baby.

Que nenni. En réalité c’est beaucoup plus compliqué que ça, même si je commence à comprendre toutes les subtilités de la chose. Et le premier écueil est : le choix de l’avocat.

ally mcbeal
Finalement… je choisis Lucy Liu.

Comment choisir quand on n’a pas d’avocat parmi ses amis Facebook ? Et moi j’en ai pas. (C’est parce que j’ai que 10 amis sur Facebook. Je suis très aimée mais très sélective. Ca réduit les chances d’avoir un avocat dans le lot.) Les pages jaunes ? Euh… Non. Par exemple si on fait « Quoi, qui ? » = « avocat », « Où ? » = « Paris », on a 8763 réponses. Je sais pas faire plouf-plouf avec un si grand nombre de possibilités. J’ai donc essayé le bouche à oreille. Peut-être que parmi mes amis non-avocats, certains avaient des amis avocats, ou connaissaient quelqu’un qui avaient déjà vu un avocat vivant ? C’est comme ça que j’ai récupéré 3 numéros. 

Pour le premier : une copine m’a dit appelle Untel, c’est l’avocat qui s’occupe du divorce de ma voisine, il est cher mais il est très très bien. Au diable l’avarice, je veux un divorce très très bien. J’appelle, on discute 5 minutes pour établir la situation, on convient d’un premier rendez-vous, et là je demande quand même les tarifs : 500€ le premier rendez-vous, ensuite 650€ de l’heure. Comment dire… ? Ciao bello !

Pour les deux autres, c’était l’avocate d’une amie, elle-même en train de divorcer, qui a dit d’appeler de sa part Unetelle 1 ou Unetelle 2. Je choisis Unetelle 1 et je refais le chemin : téléphone, situation, rendez-vous, tarifs. Elle me dit le premier rendez-vous est gratuit (d’ailleurs il me semble que c’est assez répandu, sauf pour Untel qui fait cracher dès le début), qu’on verra ensuite, et me demande mes revenus. Ce qui, ai-je pensé, était plutôt bon signe, parce que ça lui permettait de comprendre tout de suite que le truc de 650€ de l’heure ça passerait pas avec moi. Bref, on a fait affaire, sauf qu’au bout de quelques mois, j’ai compris qu’elle était à la fois méga-débutante (c’était probablement son premier divorce – et pour moi aussi, ah ah ah, ce qui fait que j’ai mis du temps à m’en rendre compte) et pas du tout spécialisée en droit de la famille. Erreur (de débutante) de ma part. Ne pas prendre un(e) avocat(e) spécialiste du droit de la famille pour mon divorce. (Hum. J’avais la tête ailleurs, tous ces chiffres m’avaient tourneboulée.) Autre problème imprévisible : lors de la première audience, je me constate au bout de 5 minutes que la JAF peut pas la piffrer. Elle a rien fait de mal mais l’autre, au premier regard, elle peut pas la blairer. Dommage pour moi, la personne qui est censée me défendre peut à peine ouvrir la bouche sans se prendre une rafale de kalach’.

Du coup j’ai changé. Une autre copine m’a donné le nom d’une avocate spécialisée, cette fois, et pour l’instant ça se passe bien. Mais ça reste un budget de malade, j’avoue que quand je reçois une facture, je pleure (j’ai lu un jour sur Internet que le budget moyen à Paris était autour de 4000-4500€, je pense que c’est pas loin de la réalité).

Moralité : ne jamais se marier.