La maîtresse a dit…

La maîtresse d’une de mes filles, pas la plus facile à l’école (la mienne fille, pas la maîtresse)(quoique), me parlait un jour devant le portail, alors que j’opérais le largage matinal d’enfant, avant le sprint final pour choper le RER B.

Oui, dès fois le RER B passe. Je sais, c’est un peu foufou.

Donc on parle de ma fille, on dit que c’est pas facile tous les jours, toussa, je dis elle est un peu fatiguée en ce moment (= elle est chiante puissance mille en continu) et la maîtresse me dit, elle dort suffisamment, vous la couchez à quelle heure ? Et là, au lieu de lui dire de se mêler de son cul, parce que est-ce que moi je lui dis que c’est naze de punir de récré un enfant qui gigote tout le temps comme si elle avait mangé des balles rebondissantes au petit déj, ou qu’elle nous prend pour des truffes avec sa méthode syllabique qui consiste à apprendre des mots par coeur [je n’entrerai ici dans aucun débat, je constate juste qu’apprendre des mots par coeur, ce N’EST PAS la méthode syllabique], donc au lieu de lui dire mais madame chacun son métier, vous êtes la maîtresse, je suis la maman, connement, je fais ma Cosette.

Oui elle se couche pas toujours très tôt, mais vous voyez je suis seule avec les enfants, je travaille à Paris et je prends le fucking RER B, alors quand je rentre et qu’il faut tout faire parce, vous voyez, je n’ai pas de femme de ménage ni de nounou ni de cuisinière, rapport à mes finances, et ben ça prend du temps, et même en me dépêchant et en fouettant les enfants, c’est rare qu’elles soient couchées avant 20h45.

maitresse

La dame me dit oui mais c’est trop tard, il faut les coucher plus tôt.

Ok.

J’ai préféré arrêter là et partir en courant au cas où un RER passerait dans l’heure qui suivait.

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La psy a dit…

Cette semaine, avec le père de mes enfants (i.e. mon ex), nous avions rendez-vous avec la psy de ma plus jeune fille.

Oui, je me suis appropriée les enfants. Je dis « mes filles », « mes enfants », et pas « nos filles ».

Donc, chez la psy, nous faisons le point sur la santé mentale de ma fille, tous les deux convoqués comme parents responsables. C’est là qu’était l’erreur à mon avis.

La psy nous demande comment va notre fille, à notre avis, est-ce qu’elle a besoin de continuer la thérapie, comment ça se passe entre nous, toussa. Ben là elle a vu. Au bout de 5 minutes, son père, mon ex, part dans son discours préféré sur tout ce que j’ai fait de mal et lui, de bien, de comment il est malheureux parce que j’ai tout et lui, il a rien, que la vie est une salope et que si je crève il versera pas une larme. La psy un peu déroutée essaie de recentrer le débat, dis je comprends monsieur votre souffrance est immense, mais là on parle de votre fille. Alors, comment va-t-elle ? Re-litanie, chienne de vie, salope de femme. Au bout d’un moment ça va bien d’entendre toutes ces conneries alors je finis par me défendre un peu et ça tourne au pugilat.

Bref, après une heure comme ça, on sort de là sans avoir répondu aux questions initiales, mais la psy nous dit : il faut communiquer entre vous, c’est important pour les enfants. Je lui dis je veux bien mais déjà il répond une fois sur deux à mes textos pour la logistique, et les rares fois où on se voit ça tourne mal. La psy dit oui je vois bien que c’est difficile mais il faut communiquer pour les enfants, c’est important. Je dis certes, j’ai bien compris, mais vous constatez vous-même qu’on y arrive pas. Elle dit oui mais il faut trouver un moyen parce que c’est important pour les enfants.

Ok.

Merci de ton aide cocotte. À l’évidence on peut pas se parler sans s’arracher les yeux mais les manuels de psy disent : il-faut-que-les-parents-communiquent-c’est-important. Donc, parents, faites ce qui est dans le manuel. Coûte que coûte.

Pourquoi en sortant de là ai-je l’impression que c’est pas la peine que ma fille y retourne ?