Parole d’enfant 

– Maman, ce lait a un goût bizarre, j’ai peur que ça soit du lait de cafard.

– Mais non, c’est du lait de vache, d’ailleurs c’est écrit sur la bouteille.

– Ah bon ?

– Oui.

– C’est pas marqué.

– Bon, de toutes façons, le lait de cafard ça serait beaucoup trop cher pour nous. C’est du lait de vache, c’est sûr. 

[Merci fabricant de lait de ne pas écrire « lait de vache » sur tes bouteilles, j’ai perdu 300 points de crédibilité.]

Comment j’ai vaincu l’Agent Immobilier

Votre mission, si vous l’acceptez : transformer votre camp de gitans en maison à 200 000 €. Vous avez 24h et deux enfants en vacances en guise de handicap à votre service.

Ce matin, j’ai dit aux enfants : les gars, j’ai une déclaration importante à faire. Demain, à 10h pétantes, viendra l’Agent Immobilier. L’Agent Immobilier va regarder notre maison pour dire combien d’argent elle vaut. Alors il faut lui donner envie avec notre maison pour qu’il lui trouve une grande valeur, parce que plus il lui trouvera une grande valeur, plus on la vendra cher et on plus récupérera des brouzoufs par milliers pour s’acheter du rhum et des putes.

Enfant numéro 2 : il va dire que la maison vaut 1 million d’euros ?

Moi : non. Mais 200 000 euros ça serait bien

Enfant numéro 2 : wouah… !

Moi : allez les gars, on s’y met, on donne envie. Travail d’équipe. Toi tu passes l’aspirateur, toi tu montes tous les jouets dans les chambres, toi tu fais la vaisselle. [Je suis une meneuse d’hommes, j’ai ça dans le sang.][Je n’ai que deux enfants, je me suis emballée. Du coup c’est moi qui fais la vaisselle.]

Après une journée entière d’efforts, aidée par l’enfant numéro 1 pendant que l’enfant numéro 2 zonait devant la télé et gueulait dès qu’on lui demandait un petit coup de main (« mes vacances sont nulles, j’ai fait que ranger ma chambre et regarder des écrans »), la maison s’est enfin mise à ressembler à quelque chose.

Enfant numéro 1 : maman, notre maison, c’est la plus propre de la rue.

Moi : euh… non je crois pas. En fait on a juste rattrapé la moyenne. [On partait de loin. Quand je dis camp de gitans, faut me croire.][D’où ma légitimité quand j’écris des posts sur le ménage et le rangement : j’ai de grands besoins en la matière, ce sont donc des sujets auxquels je réfléchis fréquemment et en profondeur.]

Le phénomène étrange qui s’est produit alors, c’est que plus on rangeait et nettoyait, plus on trouvait que tout était sale. On s’est retrouvées avec ma fille à nettoyer les plinthes à la brosse à dents, à briquer le dessus de la hotte avec un produit tue-graisse, à frotter les traces douteuses sur les murs (oui, mes enfants adorent le chocolat, ne croyez pas que c’est autre chose de dégueulasse). À un moment, j’ai même envisagé de ranger les vêtements de mes portants par couleur dans la chambre, mais finalement c’était l’heure de manger. Et plus on avançait, plus on voyait des choses à laver, ranger, trier. J’ai compris à quel point ma décision de ne pas trop m’attacher aux choses de la propreté ménagère était salutaire dans ma vie : c’est un puits sans fond, une tâche qui n’a pas de fin (Sisyphe ça vous parle ? J’ai déjà le linge, merci). (L’inconvénient c’est que quand on a besoin que la maison soit présentable, ça demande un gros investissement assez décourageant.)

À l’heure du dîner, le défi était pas loin d’être remporté. En tout cas nous étions assez fières de nous, l’enfant numéro 1 et moi (l’enfant numéro 2 continuait à râler pour tout et rien, et à crier qu’il était une victime de la vie, je pense que ce sont ses gênes paternels qui se manifestent de temps en temps, il faut attendre que ça passe (cet enfant va sûrement se bonifier avec le temps)).

Nous sortîmes nous offrir un restau pour nous récompenser de ce bon travail. Quand nous sommes rentrées nous coucher, je n’ai pas reconnu la maison. J’étais pas loin de ressortir voir si on s’était pas gourées de porte.

J’espère que tout ça vaut le coup et qu’on va se faire un paquet de brouzoufs. Sinon à quoi bon défigurer notre lieu de vie en cachant notre bordel et en virant la déco murale (dessin de 2011 « maman je t’aime », photos de l’été 2014, poster fait-maison de 2013) ? Comme dit l’enfant numéro 2, qui a bien compris la leçon de La cage aux folles : on ne va quand même pas changer notre environnement et notre façon de vivre. [Ben si un peu ma pauvre chérie.]

Le pire c’est qu’il va falloir maintenir ce niveau de rangement pour les visites d’acheteurs potentiels.

Appelez-moi Shiva

Cette semaine j’ai rien foutu au bureau. Enfin rien de solide. (J’ai quand même assisté à de nombreuses et indispensables réunions. Et longues. Sans elles le monde tournerait moins bien.)

Par contre côté perso : j’ai avancé sur mon dossier pour l’avocate (j’atteins le niveau bac +3 Archivisme et photocopisme), acheté un nouveau maillot de bain (pour nager plus vite et avec grâce le midi – je vais quand même pas faire des pauses déj), fait des recherches de cadeau pour l’anniversaire de mon chéri, appris des mots en chinois sur une petite appli dans le RER, lu 150 pages de mon livre, invité ma mère à dîner, je me suis inscrite à un semi-marathon et j’ai cherché de la doc sur des programmes d’entraînement, eu 3 insomnies et des règles cataclysmiques, aimé mes enfants et géré leur quotidien, contenu le bordel et la saleté chez moi, fait l’amour et envoyé des texto à mon amoureux, eu des conversations drôles avec des amies, énervantes avec d’autres, et intéressantes avec ma sœur (tout ça par texto, aussi, la déconnexion c’est pas pour moi), nourri mon chat pénible, lu pas mal de blogs marrants ou touchants mais aussi des articles ineptes sur Slate ou Rue89, avancé les mots croisés de Télérama aux chiottes, eu plein d’idées dont les 9/10e sont perdues… 

Putain je suis hyperactive en fait.

inspecteur gadget
Mmh… avec mon efficacité de ouf je pourrais prendre un 2e boulot.

Comment bien choisir ses capotes ?

Aujourd’hui, j’ai envie de parler du marketing des capotes. Ça me fascine. Je sais pas si vous avez vu les pubs dans le métro en ce moment pour Manix (ceci n’est pas un post sponsorisé mais il faut bien qu’on sache de quoi on parle).

Passons sur le message véhiculé, les photos de jeunes bien dans leur laïfe, le slogan un peu cryptique. D’autant que je suis probablement pas la cible (à quand des pubs de capotes pour les milf ?). Non, ce qui me fascine c’est la segmentation et les noms des différents produits. Et aussi le vocabulaire technique utilisé pour la description du modèle.

Par exemple Orgazmax, il est microperlé. Tout de suite c’est parlant. Ils ont ajouté « Le préservatif à mégatexture stimulante pour favoriser l’orgasme » pour les malcomprenants – ou pour ceux qui se font chier dans le train et qui lisent TOUTES les écritures sur les affiches des pubs.

Si, poussé(e) par une forte curiosité sociologique (ou parce que vous avez prévu de niquer), vous décidez d’aller étudier l’offre en magasin, vous risquez de tomber dans une grande perplexité. Faut-il par exemple oser les king-size ? Si vous êtes un mec, on vous prendra pour un prétentieux (notez que le modèle « petite bite » n’est pas proposé). On s’adresse donc aux femmes. Aux femmes qui se la racontent et qui sont maquées (avec des hommes bien membrés, donc). Parce que imaginez, vous êtes une chaudasse fraîche et charmante célibataire qui envisage de passer une soirée agréable, vous passez au supermarché ou à la pharmacie acheter des king-size pour ne pas être dépourvue en cas de bon coup et là, pas de bol, vous vous rendez compte que vous avez pécho un mec dont la taille n’est pas adaptée à celle de vos capotes. Quelle déconvenue.

Concentrons-nous maintenant sur les options. On s’y perd. Il y a des capotes à texture, ultrafines, parfumées ou aromatisées, avec anneau spécial (spécial quoi ?) ou ajout de produits divers (chauffant, anesthésiant…). Comment choisir ? Est-ce que prendre le modèle de base, ce serait avouer qu’on est coincé du cul ? (Ou radin ?)

Dernière source de désarroi : le nom. Comment savoir si Orgasmic+ est mieux que Endurance, Intense Pleasure ou Sensations Intactes ?

Certaines marques ont d’ailleurs prévu sur leur site une page spéciale pour choisir le modèle qui vous va bien. [Vous voulez mon avis ? Le plaisir viendra pas du préservatif mais de la personne qui est dedans. Je dis ça, je dis rien.]

Tout ça pour dire que je paierais cher pour travailler au marketing chez Manix ou Durex.

reunion
Des idées de nom, Jean-Claude, pour notre nouveau produit spicy ?

[La prochaine fois : le marketing des tampons.]

Chère baby-sitter

Chère baby-sitter,

Vous trouverez dans le frigo le bon dîner fait maison que j’ai préparé avec beaucoup d’organisation ce week-end la junk food que j’ai achetée précipitamment hier soir. Il suffit de tout mettre au micro-ondes et le tour est joué.

Merci de faire prendre une douche aux enfants même si ils vous affirment que le docteur a dit que c’était mauvais pour la santé. Ils mentent. Ne les croyez jamais sur parole et exigez un certificat médical pour tout argument qui invoque le docteur.

Couchez-les à une heure décente si vous y parvenez. Si vous n’y parvenez pas, je ne vous jetterai pas la pierre. En revanche, sachez que j’en chierai demain matin encore plus que les autres jours.

Bien entendu, exigez avant cela le brossage de dents du soir. Ne les laissez pas prendre une brosse à dents neuve : ce ne sont pas des outils à usage unique, la brosse à dents neuve d’hier soir fera parfaitement l’affaire.

N’hésitez pas à m’envoyer vos questions par texto si les enfants essaient de vous enfumer en vous faisant croire que regarder Horreur à Horreurville est autorisé, ou que je suis d’accord pour qu’ils descendent la réserve de bonbecs « pour le dessert ».

Avec mes remerciements anticipés, je vous souhaite une délicieuse soirée.

baby sitter mary poppins
Cherche baby-sitter un peu perchée pour garde d’enfants sauvages.

(PS : le pognon est dans l’enveloppe à votre nom, j’ai doublé le tarif comme convenu.)

Pourquoi c’est bien d’être une maman seule

Non parce que les inconvénients, on les connaît. Mais les avantages, on n’en parle pas assez des avantages.

1. Carte blanche pour l’éducation des nains. Jamais je ne m’engueule avec moi-même parce que je ne suis pas d’accord avec mes propres méthodes éducatives. Éventuellement il m’arrive de ne pas être trop fière de moi parce que j’ai perdu patience et que je me suis mise à hurler comme un cro-magnon sur ma descendance, mais comme ça les enfants ont la confirmation que j’ai des imperfections et ça les rassure (c’est pour leur bien).

2. Conséquemment personne ne me contredit devant les enfants, ce me qui donne un sentiment de toute puissance un peu déplacé mais néanmoins agréable.

3. Absence d’attentes irréalistes. Je ne m’énerve jamais contre le fait que l’autre parent n’a pas fait la vaisselle ou sorti la poubelle ou fait les courses puisque je ne compte que sur moi-même. En fait c’est très confortable. Je ne m’attends qu’à ce que je suis capable de faire, et comme je connais à peu près mes limites, ça m’évite de cruelles déceptions.

4. Gestion sereine des stocks. Personne ne bouffe l’intégralité du frigo ou ne descend la réserve de bières belges le lendemain des courses sans me prévenir. (Peut être que quand les enfants seront ado et feront des ponctions aléatoires dans les placard, éventuellement avec leurs ami(e)s affamé(e)s, je déchanterai sur ce point.)

5. Augmentation de l’estime de soi et de la légèreté de vivre. Ne plus servir de punching-ball à un mari colérique a assurément des conséquences directes sur la zénitude et l’idée qu’on se fait de sa propre valeur. Entre autres, il est extrêmement agréable de se dire que ce jour où on rentre chez soi d’excellente humeur, il y a zéro risque de se prendre une douche froide à l’arrivée par Monsieur J’aimepaslavie. J’ajouterai que mener seule plusieurs vies (boulot, enfants, maison…) peut être considéré comme une réussite personnelle. Quand j’entends ma collègue souffler bruyamment de fatigue dès le lundi matin alors que chez elle, ils sont en nombre supérieur (2 adultes pour 1 enfant), je me dis que c’est une petite joueuse. (Et c’est qui la wineuse ?)

wonder-woman
Je voudrais pas me la péter mais… enfin si, je me la pète.

La magie du ménage

Ranger, c’est bien. Mais une fois que les surfaces sont dégagées de tout ce qui en faisait la vie, et non une photo de Ma maison chère et morte magazine, il y a un gros problème : la saleté se voit.

Pour remédier à ce problème, deux solutions : 1) ne pas ranger, 2) faire le ménage.

Pour les gens qui trouvent que le ménage, c’est chiant fatiguant, voilà le fruit de longues années de réflexion et d’expérience (j’aime transmettre, tu l’auras compris). Pour l’autre solution, je suppose que même les plus cons s’en sortiront sans mes bons conseils.

Les couleurs salissantes tu banniras. Ne jamais, JAMAIS, avoir des surfaces blanches chez soi, que ce soit du carrelage (saleté visible à seconde +2 après le passage de la serpillière), des murs (fuir particulièrement le blanc mat qui est impossible à laver une fois taché (pour les psychopathes qui auraient l’idée de laver leurs murs)) ou autre chose. Je sais pas quoi d’autre peut être blanc. Des placards. De la déco. Pas de blanc, on a dit. C’est le MAL. À la limite les plafonds, qui sont quand même coton à salir sans le faire exprès. Et l’électroménager parce que t’as pas le choix (ou alors c’est du très dessus de gamme, t’as pas les moyens).

Variante du blanc : les surfaces chromées. N’achète pas la cuisine Ik*a chromée. C’est classe mais dès que tu touches le placard, tu laisses tes empreintes digitales, au minimum. Ou alors renonce à ouvrir tes placards.

Corollaire de la règle numéro un : les couleurs camouflage tu choisiras. Sont recommandés : le gris, le marron, le bois, et en général tout ce qui est texturé ou à motifs, surtout quand c’est irrégulier. Quand c’est sale, tu peux faire semblant que la goutte de Danette au chocolat séchée sur le parquet est un noeud du bois.

Les invités la nuit ou les jours de pluie tu recevras. Rien de pire qu’un rayon de soleil pour révéler tous les gros moutons dégueulasses qui squattent sur le sol de ton salon, les cheveux de tes enfants dans l’entrée (parce que c’est là qu’ils se coiffent le matin, par exemple), ou les poils du chat dans le couloir (dans le meilleur des cas). Le pire du pire : le soleil du matin ou du soir, rasant, qui met en lumière aussi la poussière des dessus de meubles, voire d’endroits que tu n’aurais jamais pensé à nettoyer sans l’aide du soleil. Quand tu es tout seul, tu as la force de caractère de traiter tout ça par le mépris. Mais quand il y a des invités, tu ne vois que ça et tu n’assumes plus du tout ton choix d’utiliser ton temps libre à autre chose que le ménage (alors que le revendiquer au bureau, c’est plutôt easy).

Des housses partout tu poseras. Oui, parce que le canapé crème (fail) avec les traces de goûter, les auréoles de jus d’orange ou les petits trous dans les coussins (ça s’use vite ces conneries, deux-trois saltos avant de la petite et c’est déchiré), c’est pas de la douceur pour le regard. Mais déhousser le canapé pour laver le tissu qui sera immédiatement resali après la pose, sachant que dépose + repose = environ 4h d’énervement, de pleurs, de sueur et de douleur, c’est pas réaliste. Sois raisonnable, achète un plaid sympa et pas cher, qui se pose sur les taches et se lave facilement quand lui-même est taché.

Si vraiment, vraiment, tu es réduit à faire le ménage, voilà un dernier conseil.

Ce qui est visible tu privilégieras. Sache qu’il y a des endroits qui peuvent rester sales sans que ça se voie trop. Alors en cas d’analyses bactériologiques, tu iras en prison pour tentative d’empoisonnement par insalubrité et tes enfants seront placés, mais si tu échappes à ça, ton intérieur fera illusion – surtout si tu ne laisses pas les gens rentrer trop longtemps chez toi. Tu peux donc à peu de frais et en peu de temps réaliser un ménage qui donnera l’impression que tout est clean. La priorité : les grandes surfaces, surtout si elles sont claires, et tout ce qui est à hauteur du regard. Si tu invites un nain et un géant, élargis la zone de nettoyage. Si tu invites des petits enfants (< 1,10 m) ou de jeunes adultes, ne te fais pas chier, les enfants et les moins de trente ans ne voient pas la saleté.

Si par malheur tu ne m’as pas écoutée (ou que tu es en location et que ton proprio ne m’a pas écoutée) et que tu as un carrelage blanc, des murs blanc mat, des rideaux blanc perle et des placards blancs, tant pis pour toi, il n’y a pas grand-chose à faire.

menage
Astuce n° 12 : faire le ménage en string devant la fenêtre pour pécho un(e) riche conjoint(e) qui paiera une femme de ménage.

La magie du rangement

Comme c’est l’heure du grand rangement de l’été pendant que les enfants foutent le bordel ailleurs sont en vacances avec leur père, comme par ailleurs je suis pas une radine de mes conseils en or, alors que je pourrais les monétiser dans un best-seller mondial (mon esprit chrétien me perdra), voilà mes bonnes astuces pour un intérieur rangé sans effort.

magie rangement
Vite, une manucure magique avant de ranger !

Ce qui marche

Cacher. Évidemment, le problème principal du bordel, c’est qu’il se voit. La solution : qu’il ne se voie plus. Prévoir une maison à cachettes pour ranger vite et bien tout ce qui traîne : placards qui ferment, tiroirs, dessous de lit, rideaux, portes, buanderies, boîtes, paniers, sacs… Éviter impérativement les étagères, qui ne cachent rien. Si on n’a pas de cachettes, aller au magasin de cachettes et en acheter plein.

Jeter (d’après Marie Kondo). Plus radical mais terriblement efficace. Voilà comment je procède.

  1. Un jour de fou rangement, lassée de voir traîner partout jouets, papiers et dessins d’art, ustensiles de cuisine ou objets high-tech, je jette avec rapidité et efficacité ce qui traîne dans des contenants (ça veut dire des sacs de supermarché).
  2. Je dissimule les sacs dans un endroit clos, par exemple la buanderie. Ah non y a plus de place. Je les mets à l’écart dans la salle télé.
  3. Je laisse reposer plusieurs semaines (impératif). Quatre semaines est un minimum, trois mois est mieux, un an est idéal (mais c’est long, un an).
  4. Je jette les sacs sans regarder ce qu’il y a dedans.

Ne rien faire. Cette solution n’aboutit pas au résultat escompté (avoir une maison rangée). En revanche, on s’aperçoit qu’à partir d’un certain seuil, le niveau de bordel semble stagner. Ou alors il y a plus de bordel mais on ne s’en rend plus compte, ce qui revient au même. C’est en tout cas la méthode la plus rentable car elle ne nécessite aucun effort pour un effet réel.

Aparté. L’inconvénient de ces méthodes, c’est les difficultés que j’ai parfois à retrouver certains objets, soit parce qu’ils sont cachés, soit parce que je les ai jetés sans le savoir, soit parce que c’est trop le bordel. Mon père avait trouvé un remède infaillible, non pour le rangement, mais pour éviter de chercher des objets : il en achetait plusieurs exemplaires, partant du principe que si la maison contenait vingt-deux coupe-ongles, il finirait bien par tomber sur au moins l’un d’entre eux, quel que soit l’état de la maison. La plupart du temps ça fonctionnait.

Ce qui ne marche pas

Trier. Imaginons. Je trie minutieusement le bordel de la table basse (ceci est un exemple fictif, j’ai renoncé depuis longtemps à ranger la table basse). J’étale sur toute la surface du sol du salon, en petits tas distincts, les objets triés, afin de les regrouper avec leurs semblables, du moins avec ceux qui doivent aller au même endroit. Cela suppose déjà que le sol soit dégagé, et implique donc un effort préalable. Hélas, une fois le tri effectué, je me rends compte que je n’ai fait que la moitié du job. Il faut ranger. Aller dans chaque pièce de la maison (je vous ai dit que j’habitais à Moulinsart ?, cela rend l’opération très fatigante), me rendre compte qu’il n’y a pas de place pour l’objet concerné à l’endroit où je comptais le ranger, imaginer un autre endroit disponible et pas trop baroque (parce que si je range le cirage à chaussures avec les jeux de société je suis sûre de ne jamais m’en souvenir ni le retrouver), me rendre à l’autre endroit, etc. Souvent j’abandonne avant la fin, et mon salon ressemble à un stand de vide-grenier. Pour finir, je remets tout sur la table basse.

Grouper. Avec l’expérience, on se rend compte qu’agrandir les surfaces dégagées peut donner une impression d’ordre (en tout cas de meilleur ordre que quand chaque espace est occupé par des objets divers). Il suffit donc de grouper le bordel, en respectant le principe de la pyramide : les trucs grands en dessous, les plus petits sur le dessous (tenir compte aussi du poids). On arrive ainsi à un effet visuel intéressant de piles alternant avec des zones vides. Malheureusement cela présente deux gros inconvénients. 1) Si des enfants habitent chez vous, les piles ont une espérance de vie de 15 minutes. 2) Si vous avez besoin d’un objet, la loi de l’emmerdement maximum fera que ledit objet sera soit au milieu d’une pile (on ne le voit pas et on ne le trouve donc jamais), soit tout en bas et il faudra rompre le précieux équilibre et, la plupart du temps, foutre la pile par terre.

Ranger. J’avoue, de temps en temps, poussée par la pression sociale, je me dis que ça serait bien de ranger un peu tout ce bordel, que je m’y retrouverais mieux, et que je finirais par gagner du temps (il faut savoir perdre pour gagner, tout le monde sait ça). Donc je m’y mets. Devant l’ampleur de la tâche, je me fixe un objectif raisonnable : ranger et trier une petite pièce, ma chambre par exemple. Au bout d’un nombre d’heures important, je vois le bout du tunnel. Et là je réalise que c’est très décourageant. D’abord parce que j’y ai passé un temps infini qui aurait été mieux employé à boire une Chimay fraîche au soleil en lisant un bon roman américain. La vie n’est-elle pas trop courte pour s’emmerder ainsi ? D’autre part parce que ça ne se voit pas. (Ok, j’aurais dû commencer par une pièce qui se voit, malheureusement c’est une pièce trop grande et il me faudrait plusieurs vacances d’été pour en venir à bout.) Ensuite, parce que n’étant pas habituée du tout à avoir une zone rangée chez moi, je ne retrouve pas plus mes affaires : comment deviner que cet objet que je cherche est rangé à sa place ? Enfin, parce qu’au bout de quelques jours, il faut tout recommencer. Le bordel, tel une marée envahissante et invincible, est revenu.

Demander aux enfants de ranger. C’est la pire des solutions, celle qui apporte le plus de déception pour un investissement important. Ca ne marche pas du tout : les enfants sont pas cons, ils savent que ranger, c’est nul, ils vont donc mettre toute la puissance de leur inertie au service de leur résistance au rangement. Au final, j’aurai dépensé toute mon énergie à essayer de leur faire ranger trois livres et il sera l’heure d’aller se coucher. Il vaut encore mieux ranger soi-même, c’est dire si je déconseille cette option.

Demain, En septembre, L’année prochaine, ma routine ménage.